Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 22:41

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Un film de Josh TRANK

Fantastique + États-Unis + Couleur + 1h24

Sortie française  le 22 février 2012

Scénario de Josh Trank et Max Landis

Produit par John Davis et Adam Schroeder

 

De quoi ça parle ?

Andrew, Matt et Steve sont trois lycéens tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Leurs vies vont être totalement chamboulées le soir où ils explorent une étrange grotte, d'où ils ressortent mystérieusement habités par des dons de télékinésie puissants et surnaturels. Après s'être servi de leurs nouveaux pouvoirs pour redonner un peu de piment à leurs banals quotidiens, les trois amis vont très vite se retrouver dramatiquement dépassés par les évènements...

 

C'est avec qui ? 

DANE DeHAAN > Andrew Detmer + ALEX RUSSELL > Matt Garetty + MICHAEL B. JORDAN > Steve Montgomery + MICHAEL KELLY > Le père d'Andrew + ASHLEY HINSHAW > Casey  + BO PETERSEN > La mère d'Andrew

 

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Et ça donne quoi ? 3

  Vous en avez marre du pop-corn à base de sauveurs du Monde en collants moulants inlassablement servie par Marvel & cie et qui fait de grosses tâches sur nos écrans ? Et bien Chronicle peut être une bonne recette pour vous réconcilier avec vos seaux king size. Surfant donc d'un pied sur cette vague hyper-tendance du super-pouvoir, et du second sur une autre tout aussi fumeuse qu'est la caméra subjective, le tout premier bébé d'un tout jeune cinéaste n'a rien du gadget fadasse auquel on peu s'attendre au premier abord, et se savoure finalement comme un divertissement à la sauce américaine, ma foi fort efficace et souvent réjouissant. Sans réelle surprise mais plutôt bien écrite, et parfois même filmée avec ingéniosité (ce qui est très rare dans ce type de dispositif), cette chronique fantastique d'ados-nerds qui eux n'ont rien de fantastique aborde le sujet avec un point de vue très ancré dans une réalité quotidienne, effleurant même une réflexion plus intimiste et surtout bien plus sombre, là où les habituels firmes du genre restent moralisatrices et bien-pensantes. Hormis quelques défauts, dont une intensité dramatique qui aurait gagné à être plus fouillée, et un essoufflement lors d'un final qui en fait un peu des caisses, Chronicle est une sorte de petit blockbuster fait maison, qui écrase ses adversaires boxant dans la même catégorie par la seule force de la pensée. 

  Dans la catégorie "Je-pompe-le-moindre-concept-qui-remporte-un-tant-soit-peu-de-succès-jusqu'à-l'épuisement-le-plus-total", le film en caméra subjective est fort bien placé pour décrocher la palme. En effet, depuis 1999 et le succès planétaire du Projet Blair Witch, cette mode filmique a envahi nos écrans, et surtout le rayon horreur/fantastique. Prenant le spectateur pour le débile le plus profond n'ayant jamais été assis dans le siège rouge d'une salle obscure (bon ça, le spectateur il a l'habitude qu'on le prenne pour un con...), on a tenté de nous faire croire, via ce concept, que l'on assistait à des faits réellement réels, et même pire encore, que le simple fait de nous diffuser des images purement fictionnelles comme si elles étaient prises sur le vif serait le seul effet de mise en scène nécessaire à impressionner n'importe quel badaud. Ba voyons... Très rarement convaincant donc (outre l'espagnol Rec de Plaza et Balaguero, et à un échelon moindre l'américain Cloverfield  de Reeves, peu tiennent la pellicule), ce concept fait une nouvelle fois éruption ici, avec tous les défauts qu'on lui connaît. Car le problème premier de cette façon de filmer est qu'elle annule automatiquement tout travail de mise en scène. Pas de soin du cadre, ni d'études minutieuses des plans, ou des mouvements de caméra... Même les travellings les plus conventionnels, et les bons vieux champs/contrechamps, passent à la trappe ! Mais ici, Josh Trank, 28 printemps et de l'envie à revendre, use d'inventivité pour se permettre quelques contrepieds. Après un départ excessivement classique, le cinéaste novice, au fur et à mesure que son intrigue se densifie, et prenant l'excuse des pouvoirs de télékinésie de ses protagonistes (ou encore l'oeil de vidéosurveillances, ou les objectifs d'autres points de vues), n'hésite pas à adopter quelques effets de caméra, ce qui est extrêmement rare dans un film à la première personne pour être souligné. Car le principe même de ce genre de long-métrage consisterait plutôt à utiliser ce procédé comme excuse à la moindre forme d'inventivité. En revanche, une chose ne change pas : les incohérences et inepties sur ce qui est filmé par les caméras des héros sont toujours présentes, même ce que l'on ne capterait jamais sur pellicule (ou plutôt sur disque dur, je suis déjà dépassé par l'avénement du tout-numérique) est filmé pour donner une logique narrative à l'ensemble. Mais ici, c'est surtout l'hégémonie des super-héros sur grand écran qui est revisitée.

 

"Quand il s'intéresse au quotidien des teenagers américains au travers de cette découverte de pouvoirs surnaturels, Josh Trank essaie de creuser son récit un peu plus que les films du genre actuels, bien peu profonds à quelques exceptions près." 

 

Après s'être très logiquement demandé pourquoi Trank a décidé de réaliser son premier film de la sorte et pas d'une manière dite plus "traditionnelle" qui aurait eu beaucoup plus de gueule et d'impact au final, on s'aperçoit à un moment que le jeune réalisateur n'a pas usé de ce dispositif cinématographique seulement pour faire du "buzz" cher à Nikos Aliagas et Jean-Marc Morandini. Car quand il s'intéresse au quotidien des teenagers américains au travers de cette découverte de pouvoirs surnaturels, il essaie de creuser son récit un peu plus que les films du genre actuels, bien peu profonds à quelques exceptions près. Ainsi, lorsque le jeune Andrew Detmer, tellement l'archétype du geek-loser qu'il en ferait passer Peter Parker pour un tombeur charismatique, se découvre des super-pouvoirs avec ses deux super-potes, la première chose qu'ils font n'est pas de se confectionner un super-costume avec du fil à coudre, un passe-montagne, et une vieille combinaison de ski barriolée, et de se sentir obligé de voler au secours de la veuve et de l'orphelin, mais de les mettre à profit pour se marrer, comme le ferait n'importe quel ado en fin de compte ! Ils essaient juste de rendre leurs mornes vies plus fun et plus délirante, de devenir enfin plus populaire dans une société d'images et d'apparences où l'on passe de pauvre type infréquentable à gloire du lycée idolatrée comme une girouette change de direction au moindre coup de vent. Cet aspect donne un aloi plaisant et sympathique à Chronicle, à cent lieux du grand pouvoir qui engendre de grandes responsabilités cher à un certain homme-araignée. Dans le cas présent, ils sonneraient davantage comme une malédiction, car Andrew, totalement dépassé par sa nouvelle force mélangée à sa vieille frustration, incapable de trouver une réponse à ses questions sur la force de la nature sauvage, court progressivement à sa propre perte. Et c'est même rien de le dire.

 

"Si la réflexion amorcée par le scénario avait été juste un peu plus poussée, Chronicle n'aurait pas seulement eu le statut de divertissement intéressant et intelligent qu'il obtient haut la main, mais sans doute celui d’œuvre coup de poing et bien plus complexe qu'à l'accoutumé." 

 

     Cette acide relecture du mythe américain du super-héros, parfois même immorale plus s'approche le générique de fin, sonne un peu le déjà-vu certes, mais ne s'égare jamais dans le mièvre, ne se la joue pas donneuse de leçons tout droit sortie d'un comic book. Et si la réflexion amorcée par le scénario avait été juste un peu plus poussée, Chronicle n'aurait pas seulement eu le statut de divertissement intéressant et intelligent qu'il obtient haut la main, mais sans doute celui d'oeuvre coup de poing et bien plus complexe qu'à l'accoutumé. On a même envie de se montrer clément envers son final apocalyptique et spectaculaire un peu too-much, qui d'un seul coup multiplie inexplicablement les angles de prises de vues, et se montre si destructeur à outrance que Michael Bay passerait presque pour une danseuse en tutu à côté. Mais il faut bien l'avouer, Trank le fait avec beaucoup moins de moyens que le dernier nommé, et ses effets spéciaux low-cost épatent par leur rendu visuel, bien que l'on préfère le travail du jeune réalisateur lorsqu'il s'attaque aux délires juvéniles de ses Quatre Fantastiques (Susan Storm en moins), que quand il s'affaire à sa partie "blockbuster", toutefois haletante de pessimisme. Pris pour un con depuis des lustres par le pouvoir quasi-télékinétique des grosses machines à fric hollywoodiennes, le spectateur semble donc s'en être désintéressé de plus en plus ces-derniers temps, pour s'envoler vers des manufactures plus indépendantes, plus D.I.Y., comme celle ici présente. Tant mieux. Car Chronicle apparait comme une sorte de cinéma de divertissement new-age, un pop-corn movie au goût bien moins rance. Et si, comme le mentionne l'accroche présente sur l'affiche, l'abus de super-pouvoirs est dangereux pour la santé, celui de bons films ne l'est jamais.

 

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Quelques trucs à savoir sur le film pour se la péter en société

  + Né en février 1984 en Californie, Josh Trank signe ici son tout premier long-métrage. Avant cela, le jeune cinéaste avait officié comme réalisateur et scénariste sur quelques épisodes de la mini-série The kill point - Dans la ligne de mire (diffusée en 2008 sur France 2), et comme monteur sur le film indépendant Big fan, pas encore sorti en France. Il a également dirigé un court-métrage intitulé Stabbing at Leia's 22nd Birthday, où il s'attaquait cette fois au mythe de Star wars, et déjà en caméra subjective.

 

+ Le succès de Chronicle auprès du public américain a été tel qu'il a fait de Josh Trank le plus jeune réalisateur a avoir atteint le sommet du box-office US au moment de l'exploitation de son film en salles. Excusez du peu, mais il devance tout de même Steven Spielberg, qui a réalisé ce petit exploit à l'âge de 28 ans avec Les dents de la mer, et James Cameron, qui avait lui 30 ans lorsque son Terminator a tutoyé la première place du box-office.

 

+ Le scénario du film a été écrit à quatre mains, sur une idée originale de Trank développée par Max Landis, jeune scénariste qui jusqu'ici n'avait écrit que pour des épisodes des Maitres de l'horreur. D'ailleurs, ce-dernier n'est autre que le fils du cinéaste John Landis, à qui l'on doit The Blues brothers, Le loup-garou de Londres, Le flic de Beverly Hills 3, ou encore le célèbre clip de Michael Jackson Thriller. Max Landis a également déjà réalisé un court-métrage qui avait pour sujet... les super-héros ! (The death and return of Superman)

 

+ Les trois jeunes comédiens principaux font quasiment tous ici leurs grands débuts au cinéma. Dane DeHaan (Andrew) et Michael B. Jordan (Steve) ont principalement joué dans des séries TV : un épisode de New York, unité spéciale, ou un personnage récurrent dans la quatrième saison de True Blood pour le premier nommé, des apparitions dans Dr. House, Lie to me ou Bones, et les saisons 4 et 5 de Friday night lights pour le second. Michael Kelly (le père d'Andrew) est lui plus expérimenté. On a pu le voir dans beaucoup de seconds rôles aux côtés d'acteurs réputés comme Jim Carrey (dans Man on the moon de Milos Forman), Bruce Willis et Samuel L. Jackson (dans Incassable de Shyamalan), Angelina Jolie et John Malkovich (dans L'échange de Clint Eastwood), ou encore Sean Penn et Naomi Watts (dans Fair game de Doug Liman).

 

+ La plupart des effets spéciaux de Chronicle a été réalisé directement lors du tournage, et non en numérique lors de la post-production. Par exemple, les voitures que le personnage d'Andrew éjecte lors de la scène finale ont été propulsés à l'aide de gaz comprimé. Ce choix a été décidé non seulement pour alléger les coûts de productions, mais aussi pour avoir un meilleur rendu visuel.

 

+ L'un des producteurs du film, John Davis, fondateur de la société Davis Entertainment, est un spécialiste du film d'action. A son actif, on lui doit de s'être occupé de la production de films comme Predator de John McTiernan avec Schwarzenegger, Waterworld avec Kevin Costner, Daylight avec Stallone, ou I-Robot avec Will Smith.

 

+ Chronicle a été présenté hors-compétition officielle lors du dernier festival du film fantastique de Gérardmer qui s'est tenu fin janvier 2012.

 

+ Le budget de Chronicle est estimé à 12 millions de dollars. Le tournage s'est lui majoritairement déroulé à Seatle et à Vancouver (Canada), sauf pour toute la scène finale, tournée elle à... Cape Town en Afrique du Sud !

 

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Par JeanVacances
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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 01:50

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Un film de Julien MAURY et Alexandre BUSTILLO

Fantastique/Horreur – France – Couleur – 1h33

Sortie le 7 décembre 2011

Scénario de Julien Maury et Alexandre Bustillo

Produit par Franck Ribière et Vérane Fediani

INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS

 

De quoi ça parle ?

Dans une petite ville de Bretagne, un soir d'Halloween. Lucie, jeune apprentie aide-soignante, se voit engrener par son petit ami et le frère de ce-dernier à cambrioler une grande et vieille maison qu'elle a visité le jour même pour les besoins de son stage et dont elle a appris qu'elle renfermerait un mystérieux trésor. Mais il s'agit d'un autre secret, bien plus terrifiant, qui se cache derrière ses murs...

 

C'est avec qui ?

CHLOE COULLOUD > Lucie + FELIX MOATI > William + JEREMY KAPONE > Ben + CATHERINE JACOB > Catherine Wilson + CHLOE MARCQ > Anna  + MARIE-CLAUDE PIETRAGALLA > Deborah Jessel

 

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Et ça donne quoi ?

Conte sanglant au style visuel soigné, Livide, deuxième coup d'un duo de jeunes réalisateurs-scénaristes français, est un film auquel son titre va parfaitement. Brouillon, peu inspiré, trop convenu, trop rarement efficace, ce qui aurait pu être un petit objet aussi étrange que fascinant, avec sa volonté de mélanger le gore à l'onirique, se montre bien trop plat et insipide. Alors que depuis quelques années le cinéma de genre tricolore tente un grand renouveau, Livide prouve qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire (hormis plusieurs exceptions bien entendu) pour espérer se faire jalouser par les espagnols, qui sont dans la même situtation mais avec un savoir-faire bien plus évident. Basé sur un scénario écrit à la va-vite, joué par des comédiens jamais convaincants, et filmé par une caméra sans dynamisme ni inventivité, ce grand fourre-tout où transite mythes sur vampires et sorcières, et film d'horreur pour ados, n'a pas grand chose pour lui, si ce n'est un visuel réussi, mais malheureusement ça on l'a déjà dit. Livide n'est finalement qu'une belle coquille, vide.

  Qu'on se le dise : il y a véritable amour pour le cinéma de genre dans le paysage audiovisuel français, et une véritable envie d'en faire. Cela nous change des ébauches de grosses productions moulées sur l'ami américain et des comédies populaires dont le scénario recèle d'autant de bonnes vannes qu'un emballage de carambar. Certes, la qualité n'est pas toujours au rendez-vous, mais il y a au moins tentative de sortir des sentiers battus. Livide caractérise pleinement ma dernière phrase. La qualité n'est que trop rarement là, mais la démarche était louable. C'est fort dommage me direz-vous, et vous auriez raison, mais on ne peut toujours tout avoir non plus. Derrière cet essai fantastico-gore se cache le duo Maury - Bustillo, qui avait déjà raté son entrée en matière il y a quelques années avec le navrant A l'intérieur, qui s'inscrivait lui aussi dans cette ligne directrice de film de genre. A leur décharge, faire un bon film avec Béatrice Dalle et Allyson Paradis dans les rôles principaux, c'était un peu comme essayer de remporter le Grand Prix de Monaco avec un pédalo. Cette fois me redirez-vous, et vous auriez encore raison, ils n'ont plus cette excuse (bien que Dalle fasse ici deux brèves apparitions, mais on ne peut pas tout lui coller sur le dos non plus), mais confirme qu'ils choisissent toujours aussi mal leurs interprètes et que la direction d'acteurs ce n'est pas leur fort. Et c'est le moins que l'on puisse dire. Outre le capital sympathie évident et la grande gouaille de la toujours très naturelle Catherine Jacob, les principaux comédiens de Livide ressemblent à s'y méprendre au titre du film. Mention spéciale à Marie-Claude Pietragalla, certainement plus à l'aise sur les planches d'un opéra que sur un plateau de cinéma. On l'espère pour elle en tout cas. Quand à la petite bande de post-ados, elle confirme à tout ceux qui veulent un jour devenir acteur que les écoles de théâtre ça sert à quelque chose, et qu'il ne suffit pas d'avoir une belle gueule (ou un papa connu) pour prétendre savoir jouer.

 

"Les principaux comédiens de Livide ressemblent à s'y méprendre au titre du film. Quand à la petite bande de post-ados, elle confirme à tout ceux qui veulent un jour devenir acteur que les écoles de théâtre ça sert à quelque chose."

 

Mais nos jeunes comédiens ne sont pas la cause principal du naufrage auquel nous assistons. On ne peut imputer au matelots la dérive d'un navire, mais bien au(x) capitaine(s). Très vite, l'histoire nous fait ressentir quelque chose de très impersonnel, sans la moindre force, avec ses personnages balisés, et son scénario paradoxal : trop bavard avec des dialogues trop pauvres. Les trois jeunes héros se lançant à l'assaut d'une vieille et mystérieuse bâtisse paumé dans la campagne et sur laquelle circule rumeurs et légendes urbaines sont si peu creusés pour que l'on se désintéresse vite de leur envie de changer leur morne quotidien via ce cambriolage d'amateurs (oui c'est bien connu, en dehors de Paris tous les jeunes de France et de Navarre se font chier et n'aspirent qu'à quitter leurs trous paumés). La mise en scène est quasi-inexistante, sans idée ni relief, quand à l'atmosphère qui tend vers le mystique et l'étrange, elle n'est jamais captivante, ce qui fait que ce second long-métrage traîne des pieds, ressemblant un peu plus chaque seconde qui passe à une mauvaise série française pour ados produite par France Télévisions. En ce sens, difficile de nous sortir de notre léthargie.

 

"Oubliant de chausser ses petites ballerines de danseuse, le film déambule maladroitement avec ses grosses godillots de djeun's."

 

Dans sa deuxième moitié, le film a (enfin) la bonne idée de monter la tension d'un cran, de se montrer un peu plus envoûtant, de tenter quelques légers efforts de mise en scène et d'esthétisme, lorgnant même vers le cinéma fantastique espagnol contemporain, néanmoins sans jamais vraiment arriver à la cheville de nos voisins du sud, voire vers le giallo italien (comment ne pas penser à Suspiria d'Argento ?). Si l'on peut souligner les très beaux décors utilisés et la besogne de qualité sur les maquillages, nos espoirs sont très vite douchés, puisque Livide repart vite comme il avait commencé : oubliant de chausser ses petites ballerines de danseuse, il déambule maladroitement avec ses grosses godillots de djeun's, prenant même un chemin quelque peu ridicule plus la fin se rapprochant, les envies de tendre vers le conte poétique étant plus foireuses qu'ennivrantes. Et de plus, on a jamais réellement peur. Alors si effectivement le cinéma de genre n'est pas mort en France, ce n'est pas, en cette période électorale, pour le programme de Maury et Bustillo qu'il faut voter si vous voulez le sauver. 

 

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Quelques trucs à savoir sur le film pour se la péter en société

+ Julien Maury, diplomé de l'ESRA (Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle), débute en tant que cadreur pour la télévision (notamment sur la mini-série de France 2 Un gars, une fille) avant d'officier comme réalisateur de clips. En 2006, il fait la connaissance d'Alexandre Bustillo, diplomé lui d'une maitrise de cinéma, et critique pour le magazine Mad Movies. Les deux hommes, devenus rapidement amis, décident de réaliser ensemble leur premier long-métrage dès l'année suivante avec A l'intérieur. Ils sont également les scénaristes de leurs deux films.

 

+ Livide a entièrement été filmé en décors naturels. La maison servant de cadre principal au film est une demeure abandonnée en pleine campagne bretonne, et redécorée pour l'occasion : la façade a notamment été recouverte de verdure artificielle et de fausses racines, et de poussiéreux bibelots, de vieilles poupées, et des animaux empaillés, sont venus peuplés son intérieur.

 

+ Chloë Coulloud, la jeune héroïne, a été révélée en 2007 avec la comédie dramatique La tête de maman. Elle y tenait alors le premier rôle, partageant l'affiche avec Karin Viard, Kad Merad et Pascal Elbé. On l'a vu depuis dans Neuilly sa mère ou encore tenant un petit rôle dans Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar. Ses compagnons de jeu que sont Felix Moati et Jérémy Kapone, avaient eux déjà tourné ensemble dans le catastrophique film pour adolescentes en pleine crise de puberté, LOL. A noter que le premier nommé est le fils du journaliste et écrivain Serge Moati, également animateur d'émissions politiques et sur le cinéma sur la chaine France 5.

 

+ Le rôle de Deborah Jessel est campé par la danseuse et chorégraphe Marie-Claude Pietragalla, très réputée dans le monde de la danse en France. Ancienne étoile de l'Opéra de Paris et ex-directrice du Ballet National de Marseille, celle-ci avait déjà fait quelques pas sur un plateau de cinéma en 2003 dans Quand je vois le soleil, un drame avec Florent Pagny et François Cluzet.

 

+ Le budget du film s'élève à 4 millions d'euros, et le tournage a eu lieu en Bretagne, dans le Finistère. 

 

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Par JeanVacances
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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 19:41

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Un film de MAIWENN

Drame/Policier – France – Couleur – 2h03

Sortie le 19 octobre 2011

Scénario de Maïwenn et Emmanuelle Bercot

Produit par Alain Attal

 

De quoi ça parle ?

Melissa, jeune photographe issue d'un milieu bourgeois, est mandatée par le Ministère de l'Intérieur afin de réaliser un reportage photo sur les membres de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs). Ainsi, elle va devenir la spectatrice d'un quotidien souvent glauque et difficile, parfois drôle et décalé, émaillé d'affaires de pédophilie, de maltraitances, ou de racket, traitées par un groupe de flics qui est également une bande de potes...

 

C'est avec qui ?

JOEY STARR > Fred Coutard + KARIN VIARD > Nadine + MARINA FOIS > Iris Langlois + NICOLAS DUVAUCHELLE > Mathieu + KAROLE ROCHER > Chris  + FREDERIC PIERROT > Commandant Yvan Gérard + MAIWENN > Melissa Zahia + EMMANUELLE BERCOT > Sue Ellen  + ARNAUD HENRIET > Bamako + JEREMIE ELKAIM > Gabriel + NAIDRA AYADI > Nora  + SANDRINE KIBERLAIN > Mme De La Faublaise +   VLADIMIR YORDANOFF > Commissaire Beauchard +  AUDREY LAMY > La jeune mère à la poussette

 

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Film coup de poing qui se ressent comme un film coup de coeur, Polisse est une plongée vertigineuse et âpre, mais aussi touchante et drôle, dans les bureaux d'une unité spéciale de la police, la Brigade de Protections des Mineurs. Via un style terriblement réaliste, Maïwenn confirme son aura de réalisatrice aimant imprégner ses passages derrière la caméra d'une grosse dose d'authenticité. Son Polisse a ainsi des allures de documentaire choc qui vous travaille au coeur et au corps, aussi bien pendant qu'après visionnage. A tel point qu'il réussit le difficile pari de nous faire oublier l'escadron de noms rutilants présents au générique pour que l'on s'attache rapidement aux membres de cette brigade pas comme les autres. De Joey Starr à Marina Foïs, en passant par Nicolas Duvauchelle et tous les seconds rôles, les acteurs, auxquels Maïwenn accorde une grande place, sont pour beaucoup dans la réussite de cette oeuvre chorale, qui se voit alors comme une sorte de grand bordel organisé où les instants les plus dérangeants se trouvent menottés à des moments d'une grande légèreté, épicée par des dialogues relevés et une mise en scène captivante. On assiste, tour à tour médusé et amusé, au traitement de cas incroyablement sordides et de tranches de vie furieusement sympathiques, le tout sans sentimentalisme et avec beaucoup d'humanisme. Si vous avez demandé la polisse, ne quittez pas !

En pleine période de remise de trophées à tout-va, où le lobbying outrancier de certains films succède aux défilés de robes haute-couture devant le crépitement des flashs, on ne sait plus très bien dans quelle assiette se rassasier. L'ogre The artist ayant tout dévoré sur son passage, il ne reste aux autres que quelques miettes à se mettre sous la dent. C'est le cas de Polisse. Pourtant grand favori de la dernière soirée des César en date avec pas moins de treize nominations, le vainqueur du Prix du Jury au Festival de Cannes 2011 fait figure de grand oublié avec seulement deux récompenses décernées (meilleur montage et meilleur espoir féminin pour Naidra Ayadi). Même si il est plus qu'évident que toutes ces statuettes et autres prix ne veulent absolument rien dire sur la qualité d'une oeuvre et de ses démiurges (Kubrick, Hitchcock ou Almodovar n'ont jamais reçu le moindre Oscar du meilleur réalisateur ou la plus petite Palme d'Or par exemple, et je ne perdrais pas mon temps à dresser une liste exhaustive de films et/ou cinéastes à avoir été injustement récompensés...), on peut cependant penser que Polisse méritait meilleur sort sur les podiums. Bref, là où celui-ci marque des points, c'est dans la grande justesse de son ton, dans la vraisemblance du traitement de son sujet. Car le ciné-vérité, c'est un peu l'affaire de Maïwenn. Après Pardonnez-moi et Le bal des actrices, celle qui a débuté sa carrière comme comédienne (Haute tension d'Alexandre Aja, ou Le cinquième élément de Luc Besson) prouve qu'elle affectionne particulièrement les films d'une grande sincérité quand c'est elle qui les réalise. Son troisième bébé ne déroge pas à cette règle, tant on a l'impression de regarder un excellent reportage télé. Tourné sans esbroufe ni artifice sous une lumière quasi-naturelle à travers l'objectif d'une caméra numérique, Polisse revendique haut et fort ce côté sobre et sincère cher à sa réalisatrice, qui s'intéresse de très près à chacun de ses acteurs, multipliant les plans serrés sur ces-derniers, écoutant attentivement chacune de leurs répliques, essayant de capter chacune de leurs émotions. Également interprète, elle n'hésite pas à s'effacer là aussi tant son rôle de reporter-photographe ressemble à une mise en abîme de son rôle de metteur en scène. 

 

"Tourné sans esbroufe ni artifice sous une lumière quasi-naturelle à travers l'objectif d'une caméra numérique, Polisse  revendique haut et fort ce côté sobre et sincère cher à sa réalisatrice."

Dès les premières images, sans le moindre round d'observation, sans prendre de gants, l'actrice-scénariste-réalisatrice nous rentre dedans tel un bélier défonçant une porte pour lancer une intervention musclée. Elle nous lance en plein coeur d'une brigade méconnue, spécialisée dans les dossiers les plus brûlants. Vols, viols, violences, histoires en tout genre impliquant des enfants... On assiste alors, avec une proximité telle que l'on se croirait assis dans les bureaux de la BPM, à un enchaînement de scènes d'interrogatoires de pédophiles, d'enfants brisés, de gamins paumés, de jeunes délinquants, mélangées à des séquences de la vie privée de ces flics marqués au fer rouge par ce qu'ils vivent et entendent chaque jour, à leur débat politique lors des pauses-déjeuner, à leurs confessions entre collègues sur leurs prises de tête en privée, à leurs fous rires et délires entre amis en soirée, et même au boulot ! On est en immersion totale avec eux, au coeur de ce quotidien où la misère prouve une nouvelle fois qu'elle n'est pas que sociale, mais aussi affective, sexuelle, et intellectuelle. Certains instants sans fards en deviennent même terriblement glaçants tant ils sonnent vrais. On est littéralement estomaqués par les auditions de quelques  protagonistes. Dans le même temps on ne peut s'empêcher de rire devant l'absurdité renversante d'autres situations. Un constat édifiant de la perversion et de la bêtise humaine nous est livré ici. Le scénario joue souvent sur la corde sensible, mais ne tombe jamais dans le misérabilisme putassier, n'élevant pas le sinistre et le pathétique au rang d'attraction spectaculaire. Au contraire, et ce en dépit d'un propos souvent dur, Polisse est paradoxalement un film qui respire la vie par tous les pores de sa pellicule. 

 

"Le scénario joue souvent sur la corde sensible, mais ne tombe jamais dans le misérabilisme putassier. Au contraire, et ce en dépit d'un propos souvent dur, Polisse  est paradoxalement un film qui respire la vie par tous les pores de sa pellicule."

 

     Sur les cartes de polices qui composent la brigade de la commissaire Maïwenn, les noms sont aussi clinquants que des insignes de shérif tout neufs. Avec le procédé "1 plan, 1 star" digne des blockbusters US, on peut penser, à juste tire, que cette avalanche de gueules (trop) connues à l'écran ne décrédibilise l'action initiale qui est de coller au plus proche du réel. Néanmoins, les acteurs sont eux aussi d'une grande justesse et d'une belle générosité, et livrent des personnages pour lesquels on ressent très vite beaucoup d'empathie, que l'on a pas envie de quitter au moment du générique final, et d'une dernière scène qui nous laisse sans voix. Même si il est ironiquement marrant de voir Joey Starr jouer un flic une décennie après son célèbre "Nique la police", l'ex-membre de NTM campe très bien son rôle (bien que jouer une grande gueule écorchée vive ne soit pas un personnage de composition difficile pour lui), annonçant une belle reconversion au cinéma. Il en est de même pour l'impeccable tandem Marina Foïs - Karine Viard, toutes deux irrésistibles dans tous les sens du terme. Si l'on peut se dire que prendre le duo Nicolas Duvauchelle - Karole Rocher est un choix de casting bien étrange tellement il rappelle à l'identique lors collaboration dans la série de Canal + Braquo, il n'est en rien une erreur. Et accordons une mention spéciale aux gamins et autres seconds rôles défilant dans le commissariat, extraordinaires de véracité. Alors certes Polisse a des points faibles, comme cette histoire d'amour guimauve et inutile (il faut bien l'avouer) entre Joey Starr et Maïwenn, et cette construction narrative un peu fourre-tout qui n'est qu'un prétexte à l'enchaînement de saynètes. Mais il assume autant ses fulgurances que ses faiblesses, c'est qui lui donne une force étonnante, et un rythme séduisant. Avec Polisse on est autant choqué que l'on rit, car ce film traite avec beaucoup de malice d'un sujet pas lisse, et confirme au passage l'embellie d'un cinéma français très fertile en 2011. Le genre d'oeuvre que l'on garde à vue pendant plus de 48 heures. 

 

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Quelques trucs à savoir sur le film pour se la péter en société

+ Poussée par sa mère à devenir une enfant-star, Maïwenn, de son nom complet Maïwenn Le Besco, commence le théâtre et court les castings dès l'école maternelle. Née en Seine-Saint-Denis en avril 1976, celle-ci débute alors au cinéma en 1981 dans le film de Jean-Loup Hubert, L'année prochaine si tout va bien, et tourne à seulement 7 ans sous la direction de Jean Becker dans L'été meurtrier, tenant le rôle du personnage principal (incarné par Isabelle Adjani) lors de son enfance. L'enfance justement, n'a pas toujours été rose pour Maïwenn. Sous la pression d'une mère tyrannique et d'un père violent, elle quitte le foyer familial très tôt pour se marier avec le réalisateur Luc Besson à l'âge de... 16 ans ! Durant cette période, elle arrête de tourner, ne faisant que de petites apparitions dans les films de son mari (Léon et Le cinquième élément), et reprend ses études, avant que leur séparation ne lui remette le pied à l'étrier. Maïwenn est alors de retour devant les caméras (dont celle de Claude Lelouch pour deux films, Les parisiennes et Le courage d'aimer), mais aussi derrière. En 2006, l'année de ses 30 ans, sort son premier long-métrage, Pardonnez-moi, sorte de faux documentaire autobiographique qu'elle interprète, écrit et produit également, et pour lequel elle est nommé au César du meilleur premier film. Deux ans plus tard, son second opus, Le bal des actrices, réunit une légion de comédiennes françaises dans leurs propres rôles (Julie Depardieu, Muriel Robin, Romane Bohringer, Charlotte Rampling, et déjà Marina Foïs et Karin Viard). Tout comme pour ses deux premiers longs-métrages, Maïwenn est ici également scénariste.

 

+ L'idée de ce film a germé dans la tête de l'actrice-réalisatrice lorsqu'elle est tombée sur un reportage télé traitant justement de cette BPM. Alors celle-ci l'a visionné à maintes reprises et a même suivi durant plusieurs jours de vrais membres de cette brigade à Paris pour préparer son scénario, et pas seulement sur le terrain mais aussi en dehors, puisqu'elle les a accompagné jusqu'en soirée et repas en privée. Lors de l'écriture, Maïwenn s'est abondamment servie de choses qu'elle a vécu ou entendu lors de cette rencontre avec la BPM, et aussi de faits réels que les policiers lui avait raconté. Si tous les personnages de son film sont purement fictifs, quasiment toutes les histoires retranscrites dans Polisse sont authentiques, notamment la rivalité avec les autres brigades qui ont peu de considération pour la BPM ("Les policiers de la BPM sont quasiment snobés par les autres services" dixit Maïwenn), ou le fou-rire des enquêteurs durant un interrogatoire.

 

+ Maïwenn a co-signé le scénario de Polisse avec Emmanuelle Bercot, qui elle aussi est actrice de formation (on a pu la voir dans La classe de neige de Claude Miller ou Ca commence aujourd'hui de Bertrand Tavernier, et elle tient ici le rôle d'une des membres de la BPM), et réalisatrice à ses heures (elle a mis en boîte un des segments du récent film à sketchs Les infidèles, avec notamment Jean Dujardin et Gilles Lellouche).

 

+ Maïwenn a fini son tournage avec pas moins de 150 heures de prise de vue ! Le montage a alors était une véritable sinécure, puisqu'il a duré trois mois pour aboutir à une première version durant trois heures, considérée comme beaucoup trop longue par la production. Maïwenn est donc retournée en studio de montage, devant faire le choix d'éliminer ou de raccourcir certaines scènes lui tenant à coeur, pour aboutir à cette version finale qui fait un peu plus de deux heures.

 

+ Le titre du film n'a pas été évident à trouver. Maïwenn en a cherché un durant des semaines, sans succès. Le premier titre qui lui est venu à l'esprit était Police, mais celui-ci était déjà pris par le film de Maurice Pialat avec Depardieu et Sophie Marceau. C'est en corrigeant les devoirs de rédaction de son fils que la cinéaste a eu l'idée de reprendre ce nom, mais en le modifiant avec la faute d'orthographe d'une écriture enfantine.

 

+ La musique du film est signée d'un compositeur anglais, Stephen Warbeck, oscarisé en 99 pour son travail sur la bande-son de Shakespeare in love, et qui a également oeuvré sur Billy Elliot de Stephen Daldry et sur Deux frères de Jean-Jacques Annaud.

 

+ L'ex-NTM Joey Starr (de son vrai nom Didier Morville) et Maïwenn se sont rencontrés lors du tournage du précédent film de la réalisatrice, Le bal des actrices, et ont entamé une relation amoureuse à partir de là. Celle-ci déclare d'ailleurs que le rappeur a été "son moteur et sa muse" pour faire Polisse, et que le film a été "écrit pour lui". Les deux tourtereaux à la ville et à l'écran se sont néanmoins séparés quelques temps après la sortie du film en salles.

 

+ Polisse a donc remporté deux Césars (sur treize nominations dont meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario), et surtout le Prix du Jury lors du dernier Festival de Cannes. Au cours des Globes de Cristal, cérémonie française qui voit des journalistes récompenser le monde des arts et de la culture, Karin Viard et Marina Foïs se sont partagés le trophée de la meilleure actrice. Lors de son exploitations en salles, il a réussi le très beau score de 2,3 millions d'entrées. 

 

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Par JeanVacances
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 13:37

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Un film de Eric TOLEDANO et Olivier NAKACHE

Comédie + France + Couleur + 1h48

Sortie le 2 novembre 2011

Scénario de Eric Toledano et Olivier Nakache (D'après le livre de Philippe Pozzo di Borgo)

Produit par Laurent Zeitoun, Nicolas Duval et Yann Zenou

 

De quoi ça parle ?

Philippe, un riche aristocrate, tétraplégique depuis un terrible accident, vit seul avec sa fille de quinze ans et ses quelques employés dans sa grande et luxueuse propriété. Alors qu'il est à la recherche d'un auxiliaire de vie pour l'aider au quotidien, son choix se porte étrangement sur Driss. Ce-dernier sort de prison et n'a pas la moindre expérience, mais Philippe voit en lui la naïveté et le grain de folie qui manque terriblement a son quotidien rangé et ennuyeux... Inspiré d'une histoire vraie.

 

C'est avec qui ?

FRANCOIS CLUZET > Philippe + OMAR SY > Driss + ANNE LE NY > Yvonne + AUDREY FLEUROT > Magalie + ALBA GAIA BELLUGI > Elisa + CYRIL MENDY > Adama + JOSEPHINE DE MEAUX > L'agent de l'ANPE

 

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Et ça donne quoi ? 3

A moins d'être parti trois mois en vacances dans un igloo d'Antarctique, il est impossible de ne pas avoir entendu parler d'Intouchables ces-derniers temps. Véritable raz-de-marée cinéma de la fin d'année 2011, le film a fait l'effet d'un matraquage télé, radio, publicitaire, et même de la part de vos proches, à tel point qu'on peut s'en trouver dégoûté avant même de l'avoir vu. La dernière fois que cela nous est arrivé, c'était il y a un peu moins de quatre ans avec le succès des Ch'tis, et on se demande encore comment le film de Dany Boon a fait pour devenir un tel carton. A croire que le public tricolore n'aime que les comédies franchouillardes et populistes, d'une qualité cinématographique et scénaristique aussi maigre que celle d'un porno hongrois. Donc il y a de quoi avoir peur lorsqu'un film comique fait tant d'entrées ! Mais cette fois, les réalisateurs de Je préfère qu'on reste amis et Nos jours heureux rehaussent le niveau, en nous offrant un divertissement de standing simple mais jamais simpliste. Touchant, frais et pétillant, bourré d'humour ravageur et de bonne humeur, leur film doit beaucoup à un duo d'acteurs lancé à la vitesse d'une Maseratti, Omar Sy en pilote intouchable. S'inspirant d'une histoire vraie, ils font côtoyer la France d'en bas et celle des aristocrates en évitant les lourdeurs du pathos et les pièges du cliché, et en agrémentant cette agréable ode à l'amitié de répliques appelées à devenir cultes. Touché !  

Qu'est-ce qui fait qu'un film devient un succès populaire ? Quel phénomène amène les spectateurs à faire disjoncter les compteurs du box-office ? Au moment précis où j'incruste ces lignes dans le papier virtuel de mon écran d'ordinateur, Intouchables entame sa douzième semaine d'exploitation dans les salles obscures, et la grande famille des ouvreurs a déjà déchiré un peu plus de 18 millions de tickets imprimés à son nom. Alors effectivement, on peut être amené à se poser des questions. Des questions du genre "Mérite-t-il tout ça ?", "Est-ce pour une fois un bon film ou encore une grosse soupe amère comme on nous en sert si souvent ?", "Que vaut-il réellement derrière tous ces émois et ces appréciations dithyrambiques qui altèrent la qualité de son jugement ?", et surtout "Pourquoi ?". Ha, LA question existentielle par définition. Bien sur, je n'ai pas la prétention de pouvoir apporter ici tous ces éléments de réponse, ni de me livrer à une fine et subtile analyse mélangeant cinéma et sociologie, car il est toujours difficile de rester objectif pour juger un long-métrage ayant remporté un vif succès, qu'il soit populaire ou critique (alors imaginez les deux !). N'est-il pas ardu d'évaluer sereinement Citizen Kane lorsque vous voyez écrit dans chaque livre sur le septième art qu'il est un des meilleurs films de tous les temps ? Même si le chef-d'oeuvre intemporel d'Orson Welles et le quatrième essai du duo Nakache - Toledano ont peu de chose en commun, je vous l'accorde. Bref, on est constamment sur la ligne, pile entre l'assourdissement né du brouhaha que l'on a entendu et qui fait naître en nous une mauvaise foi féroce nous forçant à dire que le film est mauvais pour garder une sorte de crédibilité, et l'aveuglement d'avoir adorer ce que l'on vient de voir juste parce que tout le monde a adoré quand il est allé le voir... Et comme dans chaque phénomène de masse, le poids de l'élément sociologique n'est pas à négliger. La crise sociale et financière que nous traversons actuellement a certainement fait écho aux oreilles des citoyens du premier pays consommateur d'antidépresseurs afin qu'ils se changent les idées en sortant voir une oeuvre drôle et sans prise de tête, véhiculant un message positif. N'est-ce pas pendant leur grande crise d'entre-deux guerres que les allemands ont acquis un grand intérêt pour le cinéma ? Même si la comédie hexagonale et l'expressionnisme germanique ont peu de chose en commun, je vous l'accorde une fois de plus. On peut aussi penser, à juste titre d'ailleurs, que si Intouchables fait près 20 millions d'entrées à l'heure actuelle, c'est également parce que 10 millions de moutons ne peuvent s'empêcher de se précipiter pour aller brouter l'herbe qu'a pâturé 10 millions de brebis. A méditer également. Et puis les triomphes populaires engendrent des réactions souvent bizarres, voire assassines, exactement à l'image des diverses réactions véhiculées par ce film-ci. A raison la plupart du temps, mais... Beaucoup en ont peur, car ils ne peuvent l'expliquer, et les classes élitistes, ne jurant que par les oeuvres dites "intellos", le renie souvent sans même s'y attarder, pensant qu'un film qui cartonne est forcément un mauvais film. A leur décharge, il est vrai, et même malheureusement évident, que la qualité des gros marqueurs au tableau du box-office français est parfois moyenne, souvent médiocre, quand ce n'est pas débile, et par conséquent leur succès incompréhensible. Bienvenue chez les ch'tis, Les bronzés 3, Taxi 2, Camping, etc... En voilà un plateau de bons gros navets peu appétissants sur lequel le public s'est pourtant jeté comme un seul affamé ! Et même si il est vrai que Eric Toledano et Olivier Nakache ne sont pas Stanley Kubrick et Michelangelo Antonioni, il faut bien avouer que leur Intouchables est d'un acabit tout à fait correct et plus que respectable, bien au-dessus du niveau beaufisant et au ras des pâquerettes des titres cités quelques lignes plus haut, offrant un certain renouveau vis-à-vis des derniers comédies tricolores... Et ça, c'est une première bonne nouvelle.

 

"Avec une certaine dextérité dans le maniement de la blague, les vannes fusent, et les réparties font souvent mouches, à tel point que beaucoup sont appelées à rester dans la culture populaire."


Mais parlons du film en lui-même, plutôt que d'essayer de trouver des raisons à sa gloire. Car comme je l'écrivais à l'instant, il est plutôt bon, et tombe rarement dans la facilité. A l'image de la séquence d'ouverture, la caméra s'intéresse surtout aux acteurs, et Intouchables est basé sur l'esprit de la farce, de la malice, rit des choses graves sans s'en moquer. Il s'agit là d'une belle histoire d'amitié, comme les réalisateurs, amis dans la vie, les affectionne. Ils nous en avaient déjà concocté une pour leur grande première, Je préfère qu'on reste amis. Des fois, celle-ci sonne comme une comédie romantique : impossible au départ, inévitable à la fin, avec une rupture au milieu. Nakache et Toledano s'inspirent de la véritable histoire d'un richissime tétraplégique, Philippe Pozzo di Borgo, et de son jeune auxiliaire de vie, Abdel, pour faire rentrer deux mondes radicalement opposés en collision. L'un est un homme cultivé, intelligent, raffiné, et prisonnier de son corps meurtri. L'autre est issu d'une cité, candide, brut de décoffrage, et prisonnier des limites qu'il s'impose. L'un crèche dans un HLM trop petit, l'autre séjourne dans un manoir trop grand. Évidemment, l'un va déteindre sur l'autre. Alors au lieu d'en avoir fait une machine à faire pleurer dans les chaumières, qu'elles soient trop grandes ou trop petites, le duo en a fait une comédie pleine de vie et d'entrain, à l'image de ce que les américains appellent les "feel good movies" ("les films qui font se sentir bien" pour ceux qui ont pris espagnol en LV1). Avec une certaine dextérité dans le maniement de la blague, les vannes fusent, et les réparties font souvent mouches, à tel point que beaucoup sont appelées à rester dans la mémoire collective (la scène du "pas de bras, pas de chocolat", ou celle de l'opéra en sont un exemple frappant). Et même si il révèle peu de vraies surprises, le scénario est plutôt bien écrit, ne se contentant pas d'aligner poncifs prévisibles et morales stéréotypées. Là où il y a eu de l'intelligence dans l'écriture, c'est dans le fait de s'être davantage penché sur la relation entre les deux personnages centraux, dans la recherche d'un humour en décallage total, et de ne pas avoir essayé de faire germer une pseudo-réflexion sur le racisme, la différence, et la tolérance, chose qui aurait distillé un goût rance. Le sujet était pourtant idéal pour s'y briser les reins, mais Toledano et Nakache s'en tire bien. Ils posent un regard sans apitoiement pleurnichard sur le handicap, sans complainte malsaine sur la banlieue, et ne se la joue pas petits bobos de Paris en pleine lutte des classes. La dérision est leur maître-mot. On s'en aperçoit lorsque le film s'attaque également avec beaucoup d'humour aux émois adolescents.

 

"L'habituel complice de Fred enchaîne les répliques à vous paralyser de rire. Par la seule force de son naturel rafraîchissant et de sa spontanéité hilarante, il séduit le public comme il séduit son nouveau patron. Le duo intouchable d'Intouchables est l'atout n°1 de cette comédie touchante "

 

E t tout le monde l'aura compris : là où le film met en plein dans le mille n'est pas dans la maîtrise révolutionnaire de sa mise en scène, ni dans la profondeur dramatique de son script, mais grâce à un autre tandem que celui composé par ses réalisateurs-scénaristes. A savoir ses acteurs. Confirmant qu'il est l'un des meilleurs interprètes français actuel, François Cluzet, sobre et crédible, est idéal dans la peau blessé de cet aristo en fauteuil qui retrouve petit à petit des sensations qu'il pensait enterrer sous son épiderme avec ses os et ses muscles, à l'instar d'un gosse qui découvre la vie, les potes, les conneries, l'amour. Mais la vedette lui est allégrement volée par l'électron libre Omar Sy, qui remporte l'adhésion dans un rôle taillé pour lui comme un jogging tout neuf. L'habituel complice de Fred, en loser sans ambition qui débarque dans la vie de Philippe comme un chien dans un jeu de quille, enchaîne les répliques à vous paralyser de rire. Par la seule force de son naturel rafraîchissant et de sa spontanéité hilarante, loin des cabotineries outrancières d'un Dubosc par exemple, il séduit le public comme il séduit son nouveau patron. Le duo intouchable d'Intouchables est l'atout n°1 de cette comédie touchante, à laquelle on pourrait reprocher de n'être qu'une succession de saynètes propices au rire et au message positif. Mais son vrai défaut, car oui elle en a, est surtout d'abuser du piano pour souligner les scènes plus lyriques. On aurait vraiment pu s'en passer car le ton est juste et sincère la plupart du temps. Alors on entendra et lira, ici et là, toutes sortes de choses sur ce film. Des gens s'égosiller pour ne lui trouver que des qualités et crier un peu trop vite au génie, d'autres sortir complètement du domaine du cinéma et faire preuve d'une imagination fertile pour l'écraser avec des arguments violents, voire même haineux. On ne sait pas non plus si il mérite vraiment tel engouement, et il ne s'agit pas là d'un film qui marquera le septième art à jamais (est-ce vraiment obligatoire pour apprécier un divertissement ?). En revanche on est sur d'avoir à faire à une comédie au capital sympathie au moins aussi énorme que le rire d'Omar. Et une des meilleurs ces-dernières années en France.    

 

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Quelques trucs à savoir sur le film pour se la péter en société

+ Eric Toledano est né à Paris en juillet 1971. Olivier Nakache a lui vu le jour à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, en avril 1973. Il est d'ailleurs le grand frère de l'actrice Géraldine Nakache (vue dans Tout ce qui brille). Les deux hommes se rencontrent très jeunes et deviennent vite amis. Passionnés par le cinéma, ils se lancent en binome dès 1995 et co-réalisent quatre courts-métrages, avant de faire leurs débuts sur grand écran en 2005 avec Je préfère qu'on reste amis, comédie dans laquelle ils dirigent Jean-Paul Rouve et Gérard Depardieu. L'année suivante, les deux compères signent Nos jours heureux, toujours avec Rouve, et rencontrent leur premier petit succès, avec près de 2 millions d'entrée et des critiques dans l'ensemble positives. En 2009, leur troisième long-métrage, Tellement proches, avec Vincent Elbaz, Isabelle Carré et François-Xavier Demaison, ne remporte lui pas beaucoup d'éloges, et rien donc ne les avait préparer au triomphe innatendu d'Intouchables. En plus de réaliser tous leurs films ensemble, Nakache et Toledano en sont également les scénaristes.

 

+ Le film s'inspire donc de l'histoire vécue par Philippe Pozzo di Borgo, hommes d'affaires parisien né en 1951 au sein d'une richissime famile d'aristocrates. A l'âge de 42 ans, Philippe devient tétraplégique suite à un grave accident de deltaplane, puis embauche quelques années plus tard un jeune de banlieue fraichement sorti de prison, Abdel Yasmin Sellou, comme auxiliaire de vie. Les deux réalisateurs entendent parler de cette histoire pour la première fois en 2004, lors d'un reportage télévisé, et si ils se dirigent vers d'autres projets, ils gardent celui-ci dans un coin de leurs têtes. Pour écrire le scénario, Toledano et Nakache ont rencontré Philippe au Maroc où il vit désormais avec sa nouvelle épouse, et se sont aidés du livre écrit par ce-dernier sur sa vie après son accident, Le second souffle, paru en 2001 aux éditions Bayard. Lorsque Philippe a été contacté par les deux cinéastes en vue d'un film, il a expressement exigé une chose essentielle pour lui : que ce long-métrage soit une comédie et non un drame où on le montrerait en victime. "Si vous faites ce film, il faut que ce soit drôle. Cette histoire doit passer par le prisme de l'humour" leur a t-il dit lors de leur première entrevue.

 

+ Abdel, le véritable auxiliaire de vie de Philippe, est en réalité d'origine algérienne. Lors de l'écriture du film, les deux réalisateurs, qui voulaient absolument confier ce rôle à Omar Sy (avec qui ils avaient déjà travaillé sur Nos jours heureux), ont alors pris la décision de changer cela. Ainsi, le jeune repris de justice est à l'écran d'origine sénégalaise et se nomme désormais Driss.

 

+ Intouchables a été présenté à Philippe Pozzo di Borgo pour la première fois lors de son soixantième anniversaire. Il a reconnu que c'était là un très beau cadeau, et déclaré : "Les deux réalisateurs ont un humour terrible. Bien sûr, notre histoire est traitée à la sauce cinéma, et Driss est un peu moins rugueux qu’Abdel, plus souriant. C’était un chef de bande, beaucoup plus dur que dans le film ! Même le titre du film, Intouchables, est le bon".

 

+ François Cluzet n'était pas le premier choix pour interpréter Philippe. C'est Daniel Auteuil qui devait tenir ce rôle à l'origine, mais pour une raison inconnue, celui-ci a finalement décliné la proposition. Par la suite, l'acteur de Ne le dis à personne et de L'enfer a lui aussi rencontré l'aristocrate, avec qui il est resté plusieurs jours, pour se préparer à jouer au mieux ce personnage.

 

+ Laurent Zeitoun, un des producteurs du film, est un homme heureux. Sa dernière production, à savoir L'arnacoeur avec Romain Duris et Vanessa Paradis, avait déjà été un beau succès lors de l'année 2010 (près de 4 millions d'entrées et des critiques assez positives).

 

+ A l'heure où est publié cet article, Intouchables est le quatrième meilleur film de l'Histoire du box-office français en terme d'entrées en salles (derrière Titanic de James Cameron, Bienvenue chez les ch'tis de Dany Boon, et Blanche-Neige et les sept nains de Walt Disney). Le film était doté d'un budget de 9 millions d'euros, allégrement remboursé depuis. 

 

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Par JeanVacances
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 23:24

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Un film de NA Hong-jin

Thriller/Action + Corée du Sud + Couleur + 2h21

Sortie française le 20 juillet 2011

Scénario de Na Hong-jin

Produit par Han Sung-goo

INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS

 

De quoi ça parle ?

Gu-nam est ce que l'on appelle un "Joseon-jok", c'est-à-dire un nord-coréen ayant fuit son pays pour venir vivre dans une petite province chinoise, coincée entre la Russie et la Corée du Nord. Chauffeur de taxi, il mène une existence précaire et est endetté jusqu'au cou. Surtout, il n'a plus la moindre nouvelle de sa femme, partie il y a plusieurs mois chercher du travail en Corée du Sud. Afin de gagner de l'argent, et de retrouver son épouse par la même occasion, Gu-nam se voit contraint d'accepter un "travail" proposé par un dangereux mafieux local, Myun : partir à Séoul, et y assassiner un homme. Mais les choses ne se passeront pas du tout comme prévu, et vont le plonger dans une spirale infernale...

 

C'est avec qui ?

HA JUNG-WOO > Gu-nam + KIM YUN-SEOK > Myun + JO SEONG-HA > Kim Tae-won + KWAK BYOUNG-KYU > Kim Seung-hyun + LIM YE-WON > La femme de Kim Seung-hyun + TAK SUNG-EUN > La femme de Gu-nam

 

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Et ça donne quoi ? 3 

  Deuxième coup de Na Hong-jin après le très remarqué The chaser, The murderer s'inscrit d'emblée dans la lignée des pellicules âpres et fiévreuses dont le sud-coréens ont le secret. C'est-à-dire un savant mélange de tension, d'action et de profondeur dramatique, basé sur un scénario élaboré et servi par un visuel ultra-soignée. Na s'intéresse pour le coup à une minorité chinoise méconnue, les "Joseon-jok", et plonge un loser attachant dans un tourbillon d'emmerdes en tout genre. Et tel le mercure d'un thermomètre exposé en plein soleil, la température monte crescendo pour finir dans un festival de violence. Avec une caméra toujours en mouvement et un montage tranchant comme une lame affutée, Na ne ménage jamais ses personnages, et montre qu'il n'a pas son pareil pour filmer les scènes d'actions les plus ébouriffantes, imposant de la sorte un rythme insoutenable au spectateur. L'ennui, c'est qu'il veut peut-être en faire trop et s'égare alors dans une dernière partie confuse et complexe, oubliant du même coup de s'intéresser à la dimension émotionnelle d'une histoire qui n'en manquait pourtant pas. Mais que les fans de cinéma asiatique explosif et de thrillers poisseux se rassurent, les coups portés par ce Murderer frappent là où ça fait mal !

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les productions sorties par le pays du Matin Calme n'ont absolument rien de calme. Bien sur, il serait cliché et réducteur de dire que la nouvelle vague du cinéma sud-coréen n'accouche que de thrillers sanglants à l'image du Old boy de Park Chan-wook ou de J'ai rencontré le diable de Kim Jee-won, puisqu'avec des drames comme The cost guard de Kim Ki-duc, et Ivre de femmes et de peintures de Im Kwon-taek, ou encore des films fantastique comme The host de Bong Joon-ho et Deux soeurs (Kim Jee-won, encore lui), les autres rayons de leurs ciné-clubs ne sont pas dépourvus de titres alléchants. The murderer lui ne déroge pas aux règles que son réalisateur s'était fixé avec son précédent opus, et mêle les codes du thriller made in Korea avec ceux du film noir, du drame social, et du film d'action digne des séries B américaines des années 80-90. Même si Na Hong-jin se perd un peu entre tous ces genres, son deuxième essai n'en reste pas moins d'une efficacité déchaînée à faire pâlir Bruce Willis et Mel Gibson. Dans une ambiance glauque et glaciale, il fragmente son récit en plusieurs chapitres, partant d'une petite province chinoise perdue au carrefour de l'Europe et de l'Asie où vit une communauté miséreuse de nord-coréens, pour envoyer un paumé qui n'a rien d'un criminel (Ha Jung-woo, excellent avec son regard de chien battu et son jeu tout en retenu) jusqu'en Corée du Sud où il devra ôter une vie pour gagner l'argent nécessaire à la sienne, et par la même occasion se muer en enquêteur pour faire la lumière sur l'étrange disparition d'une femme qui occupe ses pensées et hante ses nuits, partie dans l'espoir de jours meilleurs à Seoul. Évidemment, au cours de sa mission notre ami Gu-nam n'aura pas beaucoup de chance, et c'est d'ailleurs à cela qu'on reconnaît les héros de thrillers. Ils se retrouvent toujours embarqués dans de sombres histoires qui tournent mal. Seul dans une ville qu'il ne connaît pas, pris dans un piège machiavélique alors qu'il ne cherchait qu'à gagner sa liberté, poursuivi par toutes les polices du pays et par une horde de gangsters sans pitié dirigés par un fou increvable à la détermination sans faille (Kim Yun-seok, tout aussi impressionnant que son partenaire), il devra livré un combat de tous les instant.

 

"L'hémoglobine gicle comme dans un manga à la violence théâtrale, et certaines scènes atteignent un tel paroxysme qu'on se retrouve pris à la gorge, à l'image de courses-poursuites démentielles à faire passer les productions Bruckheimer pour des leçons d'auto-école."


Na s'intéresse à la crasse avec classe, préférant filmer le désordre d'un appartement miteux et les cales moisies d'un bateau où s'entasse des immigrés, que l'architecture moderne des grandes mégalopoles asiatiques. La caméra à l'épaule, constamment au coeur de l'action, il colle au plus près de ses personnages, et dynamite sa mise en scène par un montage hyper-ciselé multipliant coupes franches, inserts et plans serrés (le film comporte environ 250 scènes et plus de 3000 plans en un peu plus de deux heures !), avec un savoir-faire si brillant que cela ne tombe jamais dans le tape-à-l'oeil qui fait mal au coeur. Le tout sous une lumière artificielle d'une beauté glacée. L'hémoglobine gicle comme dans un manga à la violence théâtrale, et certaines scènes atteignent un tel paroxysme qu'on se retrouve pris à la gorge, à l'image de courses-poursuites démentielles à faire passer les productions Bruckhheimer pour des leçons d'auto-école. Après The chaser, Na Hong-jin prouve encore qu'il est un des incontestables spécialistes en la matière. Et, toujours dans la lignée de son film précédent, le cinéaste aime injecter une bonne petite dose d'humour corrosif à son récit, se gausser des institutions, tourner en dérision leur incompétence, et fait évoluer ses protagonistes, condamnés par le destin fataliste d'une tragédie grecque, dans une société corrompue où tout se monnaye, que ce soit la mort, l'amour ou la vie, et où les hommes font preuve d'une animosité exacerbée. La rage folle de la mise en scène fait ainsi penser à celle dont avait fait preuve Park Chan-wook sur l'inoubliable Old boy.

 

"Les rouages narratifs s'engrènent mal au cours d'une dernière partie en totale roue libre. Et quel dommage que le scénario ne mette pas davantage en exergue la dimension sociale de cette histoire."


Mais comme pour The chaser, Na fait preuve d'une certaine inconsistance sur la durée. Sans une dernière demi-heure qui semble de trop, le rendu final aurait certainement était plus performant. Ce n'est pas que le film souffre de longueurs ou que l'on s'y ennuie, loin de là même, mais les rouages narratifs s'engrènent mal au cours d'une dernière partie en totale roue libre. Et quel dommage que le scénario ne mette pas davantage en exergue la dimension sociale de cette histoire, car la froideur qui ressort de la mise en scène est quelque peu perturbante. Pourtant en se basant sur un peuple d'exclus, il y avait largement de quoi faire. Na a préféré se focaliser sur l'action, ainsi que sur l'aspect ultra-réaliste de ses images, rappelant au passage un certain Michael Mann. Force est de constater que sur ces points-là il sait y faire le bougre, et que grâce à cela il signe un second long-métrage qui vous percute de plein fouet. A l'image de cette nouvelle vague en provenance de Corée et qui emporte tous les cinéphiles sur son passage.

 

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Quelques trucs à savoir sur le film pour se la péter en société

+ Déjà donc auteur du thriller The chaser, chroniqué il y a quelques temps sur ce même blog par votre humble serviteur (cliquez sur le nom du film précédemment cité afin d'en voir la critique), Na Hong-jin est né en Corée du Sud en 1974. Après des études d'arts à l'université d'Hanyang, il réalise quelques courts-métrage très remarqués, puis son premier essai remporte le Grand Prix Asia au festival du film asiatique de Deauville en 2009, et est projeté hors-compétition à Cannes. Le festival azuréen aime décidément les films de Na puisque The murderer est lui aussi sélectionné sur la croisette en 2011, dans la section "Un certain regard".

 

+ Les deux acteurs principaux de The murderer, à savoir Ha Jung-woo et Kim Yun-seok, ont la particularité d'avoir également tenu l'affiche du premier film de Na Hong-jin. Sauf que dans The chaser, leurs rôles étaient "inversés" : Ha Jung-woo, qui joue ici le "Joseon-jok" embourbé dans cette sanglante histoire, était le psychopathe pervers, et Kim Yun-seok (l'implacable mafieux) faisait alors office du gentil. Pour incarner leurs nouveaux personnages, les deux hommes se sont physiquement impliqués. Le premier nommé a perdu du poids et s'est laissé pousser la barbe, alors que son compère de jeu a lui pris près de dix kilos de muscle et s'est entraîne au combat.

 

+ Toujours à propos de l'implication de ces comédiens, il faut noter que Ha Jung-woo, initié à l'escalade et à la plongée lors de la préparation du tournage, a lui-même grimpé sur les montagnes pour les scènes de cavales de son personnage, et s'est mouillé dans trois eaux différentes (Mer Jaune, Mer du japon et Océan Pacifique). Quant à Kim Yun-seok, adepte de la "Méthode", il a vécu trois mois aux côtés de réels "Joseon-jok" pour parfaire son accent et son jeu. Résultat, sa prononcation était telle qu'il a du l'estomper, les phrases qu'ils prononçaient durant les prises étaient difficilement compréhensibles pour ses partenaires !

 

+ Les "Joseon-jok", nom donné à la minorité à laquelle les personnages prinicpaux appartiennent, sont donc des nord-coréens ayant fuit la terrible dictature de leur pays pour venir s'installer en Chine. Ils sont principalement regroupés dans la préfecture de Yanbian, région bordée par la Mer Jaune, et vivent dans des quartiers pauvres, souvent grâce à des activités illégales. Le but des "Joseon-jok", qui représente près de 50% de la population totale de Yanbian, est en général d'arriver à rejoindre la Corée du Sud, de nombreux passeurs sans scrupules les y aidant contre de fortes sommes d'argent. Mais beaucoup n'ayant jamais les fonds nécessaires se voient contraints de rester vivre en Chine.     

 

+ Pour la seule scène de la course-poursuite en voiture, 150 techniciens ont été réquisitionnés, 50 véhicules conduit par des cascadeurs ont été utilisés, dont une vingtaine a fini esquintés ou détruits (les véhicules bien sur, pas les cascadeurs !), et 13 caméras ont été nécessaires pour filmer cette séquence haletante, tournée en une seule prise.


+ The murderer marque une grande première pour le cinéma sud-coréen. En effet, un grand studio hollywoodien, en l'occurrence la 20th Century Fox, a participé à la production du film via son antenne internationale, Fox International Pictures. Mauvaise nouvelle en revanche, cela veut dire aussi qu'ils possèdent les droits du film et peuvent en faire un remake dès qu'ils le souhaitent, chose dont il ne devrait pas se priver...

 

+ En plus de sa sélection à Cannes, The murderer a remporté deux prix en 2011. Lors des Asian Film Awards, équivalent asiatique des César et des Oscar se déroulant chaque année à Hong-Kong, Ha Jung-woo a remporté la récompense du meilleur acteur, et le réalisateur Na hong-jin a lui été décoré en Espagne, au festival international du film de Sitges.  

 

+ Les films dits de provenance "exotique" mettent toujours un temps fou pour sortir dans les salles françaises. Normal cela dit, car avec la multiplication des productions, les distributeurs attendent souvent de savoir si ce genre d'oeuvre va plaire au public via les résultats qu'ils obtiendront dans leurs contrées d'origine. Par exemple, notre présent sujet est paru fin décembre 2010 en Corée du Sud, pour une sortie officielle sept mois plus tard chez nous.

 

+ Le tournage a été particulièrement long et éprouvant, notamment en raison du fait que le film ait entièrement été capté en décors naturels, et qu'il ait fallu beaucoup bouger pour les besoins du scénario (en Chine, et dans plusieurs villes de Corée du Sud). Perfectionniste à l'extrême, Na se présente également comme un réalisateur qui prend beaucoup de temps pour travailler (le tournage de The chaser avait déjà duré trois mois). Ainsi, celui de The murderer s'est étalé sur près de... dix mois ! Chose qui est pas loin d'être un record pour la captation d'un long-métrage !


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Par JeanVacances
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