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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 12:59

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Un film de Wes ANDERSON 

Comédie/Drame + États-Unis + Couleur + 1h33 

Sortie française le 16 mai 2012

Scénario de Wes Anderson et Roman Coppola

Produit par Wes Anderson, Scott Rudin, Steven M. Rales et Jeremy Dawson

 

De quoi ça parle ? 

Lors de l'été 1965, Sam, jeune orphelin de 12 ans, quitte son campement scout pour rejoindre Suzy, une jolie jeune fille de son âge qui vient de fuguer de chez ses parents. Les deux tourtereaux, rêveurs et mal dans leurs peaux, ont décidé de partir ensemble loin de ce monde dans lequel ils n'arrivent pas à trouver leur place. Une fois leur disparition constatée, c'est la mobilisation générale chez les adultes pour tenter de les retrouver, alors qu'une terrible tempête se prépare...

 

C'est avec qui ?

BRUCE WILLIS Capitaine Sharp + EDWARD NORTON Chef Ward + BILL MURRAY Walt Bishop

FRANCES McDORMAND Laura Bishop + JARED GILMAN Sam Shakusky

KARA HAYWARD Suzy Bishop + JASON SCHWARTZMAN Cousin Ben

HARVEY KEITEL Commandant Pierce + TILDA SWINTON L’assistante sociale + BOB BALABAN Le narrateur

 

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Pour sa septième réalisation, l'éternel enfant rêveur qu'est Wes Anderson nous entraîne dans une folle aventure où, comme à son habitude, l'imaginaire le plus délirant se trouve là pour dynamiter la réalité la plus dure. Moonrise Kingdom, qui d'ailleurs ouvrait le Festival de Cannes il y a un an presque jour pour jour, est une fable ultra-colorée et lyrique où des Bonnie and Clyde en culotte courte décident de s'émanciper du diktat du monde adulte pour aller vivre leur passion, libres et loin. Bien entendu, leur escapade impromptue aura des répercussions directes et irréversibles sur le monde qui les entoure et les opprime. Telle une marmite fumante, la mise en scène du très créatif Anderson bouillonne d'idées visuelles et narratives ; et ses deux jeunes acteurs totalement inconnus, Kara Hayward et Jared Gilman, ne devraient pas le rester longtemps tant ils éclipsent avec un aura de professionnels confirmés les grandes stars présentes au casting. Même si il s'axe parfois bien plus sur la forme que sur le fond, ce véritable petit bijou de fraîcheur confirme un véritable auteur en la personne de son réalisateur, aux confins des univers de Mark Twain et Jacques Tati. Prenez donc vos cartes, boussoles et paquetages, et préparez-vous à embarquer dans une fuite à travers-champ pour réveiller l'âme d'enfant épris de liberté qui sommeille en chacun de vous.

Pléthore de cinéastes, n'étant pas juste de simples faiseurs de films à qui l'on commande des œuvres impersonnelles, se reconnaissent d'emblée à leur patte, leur style, voire leur folie. Non soucieux de répondre impérativement à un cahier des charges draconiens imposés par un studio dans le but d'homogénéiser les goûts et ainsi plaire au plus grand nombre à travers le Globe - rentabilité économique oblige, lesdits cinéastes peuvent librement donner court à leurs envies, leur imagination. C'est en cela qu'ils sont ce que l'on appelle des « auteurs ». Voyez, il n'y a rien d'élitiste derrière l'appellation « cinéma d'auteur », pas plus qu'il n'y a de beauferie franchouillarde derrière celle de « comédie populaire ». C'est simplement que les règles sont le pire ennemi du génie comme le disait un illustre philosophe allemand du XVIIIème, et que des artistes cherchent à les fuir pour nous offrir des créations enivrantes et loin de tout formatage. Bref, revenons à nos moutons. Ou plutôt là à nos brebis égarées dans un monde trop grand pour eux. Si je parlais de cela en introduction, c'était pour souligner à traits épais la personnalité de celui à qui l'on doit le présent film, Wes Anderson. D'entrée de jeu, on identifie tout de suite avoir à faire à lui, les thèmes « andersonniens » étant à nouveaux réunis : la famille, l'enfance, la rêverie, le désir d'affranchissement, le fait de se sentir différents des autres, d'avoir besoin d'évasion... Tous ces leitmotiv font à nouveau écho dans Moonrise Kingdom. Et puis celui-ci  s'ouvre sur un type de plan devenu classique chez le réalisateur de La Vie Aquatique , à savoir une habitation découpée comme une maison de poupée, et dans laquelle la caméra à toute aisance pour s'y balader avec des mouvements d'une rare fluidité. Dans la directe lignée de Fantastic Mr. Fox, Moonrise Kingdom, de par sa myriade chromatique où le jaune et le vert prédominent, est proche de l'univers de l'animation, voire du livre pour enfants orné d'images hautement colorées, et dans lequel on se laisse tomber sans feindre son plaisir.

 

"La caméra, via de vertigineux travellings et de limpides panoramiques, se balade dans le champ tel un œilcurieux parcoure la page d'une bande-dessinée."

 

Chez Wes Anderson, la moindre forme est travaillée avec le plus grand soin. Chaque élément du décor influe directement sur l'image. Le souci esthétique du cinéaste texan est grand, très grand. A tel point qu'il peut devenir étouffant tant chaque plan se révèle être un florilège incessant de trouvailles visuelles fourmillant de mille idées, un prétexte à une géométrie soignée des formes où l'arrêt sur image dévoile des compositions millimétrées et bariolées; et la caméra, via de vertigineux travellings et de limpides panoramiques, se balade dans le champ tel un oeil curieux parcourt la page d'une bande-dessinée. Le souci d'un rythme effréné est aussi un point essentiel. La cadence est vive, enlevée, comme en témoigne les savoureux dialogues débités comme le refrain d'un champ scout, et la frénésie des champs/contrechamps au sein d'un montage hyper-tranchant. En bon chef de troupe, Anderson utilise sa grammaire filmique comme on utilise un couteau suisse : il se sert de toutes les fonctionnalités en sa possession pour mieux cisailler le récit. Également armé d'un certain savoir-faire comme boussole, l'homme nous mène où il veut sur sa carte des aventures sans nous perdre en cours de route. Au travers la fuite de ces jeunes amants, il nous narre un beau voyage initiatique empreint d'une poésie mélancolique, ce voyage que chacun doit faire pour se connaître, ce voyage par lequel chacun doit crapahuter pour se trouver. Son tableau est esquissé avec de belles notes de naïveté, à l'image de celles nées d'un premier amour que l'on voudrait éternel. On connaissait tous les contes d'Andersen. On connaît maintenant ceux d'Anderson.

 

"Tout bonnement géniaux, les deux gamins fugueurs sont les véritables moteurs de l'intrigue. Car ce que ce film ne cesse de vouloir nous dire, c'est qu'au fond de chaque adulte en crise profonde se cache un enfant animé par des chimères après lesquels il courra toujours."

 

La dichotomie entre monde rêvé et monde réel, marqué par l'opposition entre monde adulte et monde enfantin, est un des motif inhérent à ce film choral peuplés de personnages délectables. Si le générique en fera saliver plus d'un avant visionnage (notamment via les présences d'Edward Norton, absolument parfait en chef-scout sans cesse dépassé par les évènements;  de Bruce Willis, que l'on préfère définitivement dans des rôles à contre-emploi; sans oublier les très bons Bill Murray et Frances McDormand en vieux couple sans âme, et les apparitions jubilatoires de Tilda Swinton et Harvey Keitel), ce sont bien les deux inconnus du bataillon campant les gamins fugueurs que vous retiendrez une fois celui-ci terminé. Tout bonnement géniaux, ils sont les véritables moteurs de l'intrigue. Car ce que ce film ne cesse de vouloir nous dire, c'est qu'au fond de chaque adulte en crise profonde se cache un enfant animé par des chimères après lesquels il courra toujours. Et les "grandes personnes", parce qu'elles se sont lassées de poursuivre leurs idéaux à cause de la cinglante réalité de la vie,  enferment les "marmots rêveurs" dans un monde fait de désillusions, castrant les choses en lesquelles ils croient pour être sur qu'ils ne se fassent pas mal à essayer de les rattraper. Mais empêcher un gosse de rêver pour le préserver face aux dures lois de la nature, c'est comme empêcher un homme de respirer. Être marginal, ne pas vouloir rentrer dans le rang, ressemble à un crime honteux dans le mythe du rêve américain, tout comme dans celui de la famille aux pensées uniformes. Et ce encore davantage lorsque l'on est un prépubère. Alors le scénario se charge de mettre tout ça à mal, de raisonner par l'absurde et la farce. Et même si Anderson a la patte un peu lourde dans certains dosages stylistiques, son Moonrise Kingdom, aussi charmant qu'original, offre sa kyrielle de moments drôles et touchants. Il se voit comme un bon bol d'air frais, comme une invitation au voyage entre spleen et idéal pour laquelle on irait bien planter sa tente au large.

 

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Quelques trucs à savoir sur le film pour se la péter en société

+ Originaire de Houston au Texas où il est né le 1er mai 1969, Wes Anderson s'intéresse très jeune au cinéma puisque, grand consommateur de films dès l'enfance, il met également en scène ses propres frères dans des courts-métrages filmés en Super 8 à l'adolescence. Pourtant, il s'orientera vers des études de philosophies, ce en raison de son autre passion : la littérature. Études qu'il laissera tomber après sa rencontre, dans un atelier d'écriture de la fac, avec l'acteur Owen Wilson. Ensemble, les deux copains écrivent un court-métrage qu'Anderson réalise et que Wilson interprète, Bottle Rocket. Remarqué au festival indépendant de Sundance en 1994, le court devient long deux ans plus tard sous l'impulsion du producteur James L. Brooks (Les Simpson). Même si son premier film ne rencontre pas le succès (et voit aussi sa distribution très limitée, puisqu'il ne sortira pas dans les salles françaises, mais directement en DVD quelques années plus tard), Anderson est remarqué par la critique, et signe, en 1998, un second essai, Rushmore, qui confirme sa position d'auteur indépendant. Mais c'est surtout avec La famille Tenenbaum, sorti en 2001, qu'il se fait véritablement un nom auprès du public. Pour cette comédie déjantée et au style visuel très travaillé, le cinéaste réunit un casting de premier choix : Ben Stiller, Gene Hackman, Bill Murray, Anjelica Huston, Danny Glover, Alec Baldwin, Gwyneth Paltrow, et bien sûr l'ami des débuts, Owen Wilson. Ce succès se confirme et la patte Anderson se fait avec l'excellent La Vie Aquatique (2004), A bord du Darjeeling Limited (2007), puis un film d'animation très remarqué adapté d'un livre de Roald Dahl et tourné avec des marionettes animées image par image, Fantastic Mr. Fox (nominé à l'Oscar et au Golden Globe du meilleur film d'animation en 2010). Actuellement, le réalisateur-scénariste-producteur est en plein tournage de son huitième long-métrage, The Grand Budapest Hotel, se déroulant à Paris durant l'entre-deux guerres, et auquel participeront, entre autres, Ralf Fiennes, Edward Norton, Jude Law, Willem Dafoe, des habitués de la maison Anderson (Bill Murray, Owen Wilson), et quelques frenchies (Mathieu Amalric, Léa Seydoux). Sortie prévue pour 2014.


+ Moonrise Kingdom a été le film projeté en ouverture lors du festival de Cannes 2012. En compétition officielle pour la Palme d'Or (finalement attribuée à Amour d'Haneke), il a également été nominé à l'Oscar du meilleur scénario et au Golden Globe de la meilleure comédie.


+ Jared Gilman et Kara Hayward, malgré leur aisance bluffante devant la caméra, sont tous deux absolument novices dans le monde du cinéma : il s'agit là de leurs premiers rôles. Ils ont été choisis après de longs casting qui ont regroupé des centaines d'enfants, en grande partie grâce à leur amateurisme renvoyant à une certaine fraicheur à de la naïveté, choses que Wes Anderson recherchait à tout prix pour ses jeunes acteurs. A la demande du réalisteur, Kara et Jared ont bien entendu du se renseigner sur les années 60 (notamment en regardant certains films, ou en conversant avec des connaissances qui avaient vécu réellement à cette époque), mais également entretenir, à l'image de leurs personnages, une relation épistolaire durant toute la phase de préparation du tournage pour apprendre à mieux à se connaitre. Sur le plateau, Bruce Willis et Bill Murray faisaient tout pour que leurs jeunes compagnons de jeu se sentent à l'aise, allant jusqu'à les aider à revêtir leurs costumes ou les faire répéter.


+ La famille est souvent un des thèmes cher à Wes Anderson dans ses oeuvres, est cela se voit aussi sur son plateau : le cinéaste travaille (presque) toujours avec les mêmes personnes, et cela est encore vérifiable dans le cas présent. Les acteurs déjà, puisque l'on retrouve Bill Murray pour la sixième fois au casting d'un de ses films, et Jason Schartzmann pour la cinquième fois. L'équipe technique ensuite, puisque le directeur de la photographie Robert D. Yeoman signe là sa sixième collaboration avec le réalisateur (il n'y a que sur Fantastic Mr. Fox que celui-ci n'a pas travaillé), Scott Rudin assure lui la production pour la cinquième fois, Roman Coppola co-écrit ici un scénario avec Anderson pour la troisième fois (il a aussi été son assitant sur La Vie Aquatique et A bord du Darjeeling Limited qu'il a également co-produit), le monteur Andrew Weisblum collabore pour la troisième fois également, et le chef-décorateur Adam Stockhausen pour la seconde fois.


+ La musique du film a été composée par un français, Alexandre Desplat. Celui-ci est notamment connu pour être le compositeur de Jacques Audiard (il a glané deux César de la meilleure musique pour De battre mon coeur s'est arrêté et De rouille et d'os), mais aussi pour avoir travaillé outre-Atlantique avec Roman Polanski, David Fincher, George Clooney ou Terrence Malick (il a déjà été personnellement nominé cinq fois aux Oscar). C'est la seconde fois, après Fantastic Mr. Fox, que Desplat oeuvre avec Anderson.


+ Moonrise Kingdom n'a pas été intégralement tourné en studio, comme les nombreux décors peuvent toutefois le laisser croire, car Anderson n'aime pas leur côté artificiel. Le réalisateur n'y a eu recours que lorsqu'il y été obligé, mais le tournage a eu lieu en grande partie sur l'île de Prudence en Nouvelle-Angleterre où plusieurs infrastructures nécessaires au film ont été créées directement sur place. Certaines scènes ont aussi été tournées dans le phare de Jamestown en Virginie, et dans une vieille et célèbre église proche de Wall Street à New York, la Trinity Church.

 

+ Pour imprégner le plateau de l'ambiance des sixties, époque à laquelle se déroule le film, Wes Anderson et son chef-décorateur ont fait moult brocantes et se sont rendus chez de très nombreux antiquaires afin de trouver des objets pouvant servir au film et à son décor.


+ Lors de la scène du spectacle de fin d'année où le personnage de Sam rencontre celui de Suzy pour la première fois, le cinéaste s'est inspiré de son propre souvenir d'enfance. En effet, les enfants jouent là Le Carnaval des Animaux de Benjamin Britten, spectacle musical qu'Anderson a lui-même interprété à l'école primaire. Grâce à des clichés de lui pris par sa famille lors de cette représentation, il a demandé à ce que la création des costumes pour cette séquence du film soit identique à ceux de son enfance.

 

+ La famille Coppola était assez présente sur le plateau, car outre Roman (fils de Francis et grand frère de Sofia), l'acteur Jason Schartzmann fait aussi partie du clan du réalisateur du Parrain et d'Apocalypse Now. En effet, il est son neveu, et donc le cousin de Sofia et Roman.

 

+ Vous l'aurez reconnu par vous-même, mais la chanson qu'écoutent les deux jeunes protagonistes sur la plage est bien entendu celle d'une artiste française, à savoir Le temps de l'Amour de Françoise Hardy (sur une musique composée à l'époque par son futur époux, Jacques Dutronc).


+ Il est intéressant de souligner ici l'absence d'Owen Wilson au générique. En effet, c'est la toute première fois depuis sa rencontre il y a plus de 20 ans avec Wes Anderson qu'il ne participe pas à l'un de ses films, puisque même lorsque ce-dernier s'est adonné à l'animation avec Fantastic Mr. Fox, l'acteur y a assuré la voix d'un des personnages. Cette "anomalie" sera réparée dès le prochain film d'Anderson prévue pour 2014 où Owen Wilson réintègre le casting de celui avec lequel il a commencé sa carrière.

 

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Par JeanVacances
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Vendredi 22 mars 2013 5 22 /03 /Mars /2013 17:32

sinister_300.jpg Un film de Scott DERRICKSON

  Épouvante/Fantastique + États-Unis + Couleur + 1h46 

Sortie française le 7 novembre 2012

Scénario de Scott Derrickson et C. Robert Cargill

Produit par Jason Blum et Brian Kavanaugh-Jones
INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS

 

De quoi ça parle ? 

Ellison Oswalt, écrivain travaillant sur des faits criminels ayant réellement eu lieu, emménage avec sa petite famille dans une nouvelle maison. Ce qu'il s'est gardé de leur dire, c'est que l'endroit en question a été le théâtre d'un quadruple meurtre non-élucidé sur lequel il va baser son prochain livre. Au grenier, Ellison tombe par hasard sur un carton renfermant un appareil de projection et des films en Super 8. En visionnant ce qui ne semble qu'être de simples souvenirs de famille, il ne va pas tarder à découvrir des images bien plus effrayantes qui pourraient bien assurer le succès de sa nouvelle oeuvre mais aussi le plonger, lui et les siens, dans un horrible cauchemar...

 

C'est avec qui ?
ETHAN HAWKE > Ellison Oswalt + JULIET RYLANCE > Tracy Oswalt + JAMES RANSON > L'officier délégué + VINCENT D'ONOFRIO  > Le Professeur Jonas  +   FRED DALTON THOMPSON  > Le shérif  + CLARE FOLEY > Ashley Oswalt + MICHAEL HALL D'ADDARIO > Trevor Oswalt + NICK KING > Bagul


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Et ça donne quoi ?  2
Si vous souhaitez être à la mode lorsque vous parlez du cinéma d'horreur indépendant US où les esprits les plus diaboliques hantent la pellicule, LE nouveau nom à citer dans la conversation est celui du producteur Jason Blum. Après Paranormal Activity et Insidious, il remet le couvert avec une recette qui est sensiblement la même : un couple menant une existence tout ce qu'il y a de plus tranquille se trouve être la proie d'une maléfique aventure paranormale. Si la recherche millimétrée d'une terreur à l'efficacité redoutable est toujours au menu de cette nouvelle production, le cruel manque de surprise et d'originalité l'est tout autant. De ce fait, Sinister, bien que possédant une forme plastique (et sonore) tout à fait correcte et faisant sans cesse preuve d'une folle envie, n'arrive jamais à convaincre réellement, à fédérer la séduction autour de lui. Le sentiment est étrange, le film est plutôt réussi dans l'ensemble mais ne remporte pourtant pas l'adhésion. La faute à un scénario d'une incroyable paresse qui traîne ses grosses godasses pour nous servir un plat déjà goûté jusqu'à l'indigestion, mais aussi à la sous-exploitation d'une double-lecture sur le pouvoir de fascination morbide des images qui aurait mérité d'être davantage mise en avant. En dépit d'une ambiance parfois flippante, cause de quelques sursauts, et d'un Ethan Hawke (comme toujours) très bon, la mise en scène du dénommé Scott Derrickson est totalement impersonnelle, rarement inventive, et ce Sinister souffre beaucoup du fait de ne chercher à s'adresser qu'en priorité à l'ado en quête de sensations fortes et à sa petite amie pour leur rendez-vous du samedi après-midi au multiplexe du centre commercial. Si les films estampillés Jason Blum ne sont pas non plus à faire tomber les amateurs de frissons dans la sinistrose, on ne peut pas dire qu'ils aient révolutionné un genre déjà saturé en quoi que ce soit. Et c'est bien dommage.
Les histoires d'esprits, de possessions et de lieux hantés sur grand écran c'est un peu comme les incohérences de scénario et le piètre jeu d'acteurs dans Plus belle la vie : autrement dit, une véritable religion. Déjà à l'époque où le cinéma ne hurlait pas encore, le suédois Victor Sjöstrom attelait d'angoissants revenants sur sa Charrette fantôme. Puis il y a eu les grands classiques des 70's, de L'exorciste de Friedkin à Amityville de Stuart Rosenberg, en passant par Damien, la malédiction de Richard Donner. Et même, pas la peine de remonter aussi loin. Quasiment chaque mercredi sort en salles un nouvel opus du genre destiné à effrayer les teenagers. A tel point que le téléchargement d'applications anti-possession pour smartphones ferait fureur. Bref, tout ça pour dire que l'occulte au cinéma c'est une vieille école, un filon très régulièrement exploité. Et le tandem Scott Derrickson/Jason Blum surfe allégrement sur cette vague avec un certain savoir-faire, il faut bien l'avouer. Seul (et gros) hic, il ne se sert en aucun cas de sa belle planche pour inventer de nouvelles pirouettes. Hormis le plan fixe inaugural filmé en Super 8, parfait et semblant annoncer quelque chose d'attractif, ce qui suit n'est rien de plus qu'un concentré pur jus de lieux communs : un écrivain en très nette perte de vitesse s'installe avec sa femme et ses deux gosses dans la bâtisse où une famille s'est fait trucider, dans le but d'écrire une contre-enquête. Une légende funeste et macabre entoure ce lieu. Un autochtone au comportement hostile tente de prévenir le nouvel arrivant du danger (en l'occurrence là c'est un shérif, ce qui change un peu du pompiste habituel). Évidemment, la maison semble vivante et là pour vous tourmenter. Évidemment, les deux rejetons de l'écrivain sont les parfaits cousins du Danny Torrance de Shining (comprenait par là qu'ils sont un brins médiums). Évidemment, tout cela couve une belle crise de couple et une remise en question de la famille. Pas besoin d'être un coutumier du genre pour le deviner : le scénario de ce film, calqué sur des dizaines de scripts déjà existants, est d'un ennui des plus sinistres.


"Le tandem Derrickson/Blum surfe allègrement sur la vague de l'occulte au cinéma avec un certain savoir-faire, il faut bien l'avouer. Seul (et gros) hic, il ne se sert en aucun cas de sa belle planche pour inventer de nouvelles pirouettes."


Les vieux engrenages utilisés pour faire tourner ce mécanisme ne nous surprennent guère tant ils ont déjà servis jusqu'à en émettre un son grinçant causé par la rouille, et personne n'a pris la peine de les huiler un peu. On a donc un mal fou à prendre pleinement part à cette histoire pourtant très bien pensée, jusqu'à venir à se demander si le montage n'aurait peut-être pas du amputer le film de certaines scènes afin de le rendre plus efficient. Derrickson sait créer de l'angoisse avec sa caméra, pas de problème là-dessus. Mais sa mise en scène, bien trop classique, souffre d'un académisme criant. Et si Ethan Hawke tire parfaitement son épingle du jeu dans la peau recouverte de frissons de cet écrivain pas loin de sombrer dans la démence, le reste du casting n'est pas vraiment mis en valeur, comme en témoigne l'utilisation du principal personnage féminin ou de ce savoureux shérif-adjoint, relégués à de la figuration. Les aficionados de la série New York, Section Criminelle et les fans du Maître Stanley Kubrick se consoleront comme ils pourront avec la participation de Vincent D'Onofrio, acteur gravé dans la légende du septième art depuis son interprétation hallucinée du mythique soldat Baleine de Full Metal jacket.

 

"Les vieux engrenages utilisés pour faire tourner ce mécanisme ne nous surprennent guère tant ils ont déjà servis jusqu'à en émettre un son grinçant causé par la rouille (…) On a donc un mal fou à prendre pleinement part à cette histoire pourtant très bien pensée."

 

En dépit de son incroyable classicisme empêchant de l'apprécier à sa juste valeur, Sinister frappe toutefois fort sur quelques points, comme le travail sur la bande-son effectué par le compositeur Christopher Young, absolument bluffant. Et puis il y a ces films en Super 8 qui ont atterris on ne sait comment dans le grenier, à la fois portes de l'Enfer et clés de la Malédiction. Ce qui s'apparente être de sympathiques films de famille sont en réalités de terrifiantes archives illustrant de véritables pogroms, sur lesquels on prierait de ne jamais laisser un oeil traîner, même si de le faire on ne pourrait toutefois s'empêcher, tant le spectacle de l'effroi nous attire inconsciemment. Mais encore une fois, l'allégorie d'un voyeurisme malsain n'est qu'effleurer, pas creuser. Le final, qui fait basculer un film jusque-là totalement exsangue dans l'horreur pure, est symptomatique des maux de ce long-métrage : bien que réussi et évitant de se vautrer dans le grotesque (talon d'Achille de nombreuses productions de ce genre), il est cependant complètement prévisible. Et bien trop explicatif aussi. Reste que certaines séquences vous colleront littéralement le trouillomètre à zéro à vous en faire bondir de votre siège. Et lorsque l'on souhaite visionner un bon petit film d'horreur, c'est ce que l'on recherche avant-tout non ?

 

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Quelques trucs à savoir sur le film pour se la péter en société

+ Scott Derrickson, réalisateur et co-scénariste du film, est né au Portugal au milieu de années 70. Il part ensuite vivre aux États-Unis, terre de ses parents, où il étudie le cinéma à l'université de Californie du Sud, et, après le passage classique par la réalisation de quelques courts-métrages, il signe le scénario du film d'horreur Urban Legend 2 en 2000. Cette même année, il met également en scène sa première oeuvre avec le cinquième volet de la saga Hellraiser, qui ne sort toutefois pas en salles mais directement en DVD. Son premier véritable film pour le cinéma, L'exorcisme d'Emily Rose, avec Jennifer Carpenter (connue pour son personnage de Debra dans la série Dexter), est très remarqué et remporte même la récompense du meilleur film d'horreur au Saturn Awards de 2006. Ce qui vaut à Derrickson d'être ensuite choisi pour réaliser un blockbuster hollywoodien avec Keanu Reeves et Jennifer Connelly, Le jour où la Terre s'arrêta (remake d'un classique de la SF des années 50), mais le film est assassiné par la critique et fait un flop auprès du public. Suite à ce cuisant échec, le réalisateur revient donc au cinéma indépendant avec ce Sinister. A noter que Derrickson, dont le CV est jalonné de films d'horreurs ou fantastiques, à fait une entorse à ses amours cinématographiques en participant à l'écriture d'un scénario dramatique pour Wim Wenders en 2004, Land of plenty.

 

+ L'idée du script de Sinister a germé dans l'esprit du co-scénariste C. Robert Cargill suite à un cauchemar fait une nuit par celui-ci après le visionnage du film japonais Ring d'Hideo Nakata. Quelques temps plus tard, Cargill fait la connaissance de Scott Derrickson et lui parle de son idée autour d'un verre dans un bar. Captivé et très intéressé, le réalisateur discute alors du film avec son nouveau scénariste jusqu'au petit matin en ingurgitant finalement non pas un mais plusieurs cocktails. Les deux acolytes rédigeront ensuite le script à quatre mains.

 

+ Lors de sa sortie en France, Sinister a créé une petite polémique et une quarantaine de salles a tout bonnement refusé de le diffuser. Non pas à cause de son contenu, mais à cause du comportement tout à fait scandaleux de plusieurs spectateurs lors de la projection quelques jours plus tôt d'un autre film du même genre, Paranormal activity 4, dans une salle de Mantes-la-Jolie (78) et une autre de Montataire dans l'Oise. Effectivement, des bandes d'adolescents (apparement d'une grande intelligence et d'une incroyable finesse) ont été jusqu'à uriner sur les sièges pendant la projection du film, et insulter d'autres spectateurs. Des caissiers ont même été agressés et les comptoirs de confiserie pillés. La société de distribution Wild Bunch a donc annoncé la déprogrammation de Sinister dans de nombreuses salles après le refus de plusieurs d'entre elles de le diffuser afin d'éviter que ce genre de comportement ne se reproduise.

 

+ Très remarquée, la composition de la musique du film est signée Christopher Young. Si ce nom ne vous dit peut-être rien du tout, l'homme est pourtant un véritable spécialiste dans la création de bande-son pour le cinéma d'épouvante, puisqu'il a déjà officié sur Freddy 2 (1985), Hellraiser de Clive Barker (1987), La part des ténèbres du grand George A. Romero (1993), le remake américain de The grudge (Takashi Shimizu, 2004), ou encore The secret du français Pascal Laugier (2012). Il a également collaboré à trois reprises avec Sam Raimi (sur les volets 2 et 3 des aventures de Spiderman, et sur le film d'horreur Jusqu'en enfer), et avait déjà travaillé avec Scott Derrickson sur L'exorcisme d'Emily Rose.

 

+ Quant au montage du film, il a été effectué pour le coup par un petit frenchie, Frédéric Thoraval, monteur de Angel-A de Luc Besson, de Taken de Pierre Morel, ou encore de L'assaut de Julien Leclercq, et qui effectuait ici sa première expérience aux Etats-Unis.

 

+ Ethan Hawke et Vincent D'Onofrio ont décidement pris l'habitude de se retrouver sur les plateaux de tournage. En effet, les deux acteurs, amis dans le privé, font ici leur sixième film ensemble, après notamment Le gang des Newton (Richard Linklater, 1998), Little New York (James DeMonaco, 2009) ou L'élite de Brooklyn (Antoine Fuqua, 2010).

 

+ Malgré le propos sombre et horrifique de son long-métrage, Scott Derrickson a déclaré que le tournage s'était déroulé dans la bonne humeur et la convivialité la plus totale, à tel point qu'il avait parfois l'impression, selon ses dires, de tourner un film léger. Cet esprit très positif qui régnait sur le plateau est en grande partie du au fait que Derrickson a été laissé entièrement libre de ses choix artistiques et professionnels par les producteurs : "c’est la première fois de ma vie que je tournais un film en toute liberté. Je n’ai pas dû apporter de changements au scénario en fonction des remarques du studio, et j’ai conservé la maîtrise du montage final."

 

+ Bagul, l'eprit démoniaque qui sévit ici, est un personnage totalement inventé lors de la rédaction du script et n'appartient donc à aucune mythologie. Son interprète à l'écran, Nick King, est avant-tout réputé pour être un cascadeur et une doublure, qui a déjà officié sur The green hornet de Michel Gondry, Paranormal activity 3, ou Le dernier rempart avec Schwarzy.

 

+ Sinister a été tourné avec un petit budget de 3 millions de dollars mais a largement été amorti lors de son exploitation en salles dans le Monde, puisqu'il a rapporté un peu plus de 87 millions de dollars au box-office international. Le tournage a lui environ duré 3 semaines entre septembre et octobre 2011.

 

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Par JeanVacances
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Samedi 9 mars 2013 6 09 /03 /Mars /2013 12:50

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Un film de Baran BO ODAR

Drame/Policier + Allemagne + Couleur + 1h56 

Sortie française le 27 avril 2011

Scénario de Baran Bo Odar (D'après le roman de Jan Costin Wagner)

Produit par Jörg Schulze, Florian Schneider et Maren Lüthje

 

De quoi ça parle ?  

Été 1986. Timo Friedrich, étudiant, se rend complice du viol et du meurtre d'une jeune fille, acte commis sous ses yeux par son ami Peer sans qu'il ne dise quoi que ce soit. Cette horrible affaire ne sera jamais élucidée par la justice... En 2009, une adolescente est portée disparue dans la même ville. Son vélo est retrouvé à l'endroit exact du crime survenu, jour pour jour, 23 ans plus tôt. Pour la police, et notamment David Jähn, cela fait trop de coïncidences : il s'agit du même meurtrier. Alors que l'enquête suit son cours, ces évènements ravivent de douloureux souvenirs dans la mémoire de Timo, aujourd'hui marié et père de famille sans histoire...

 

C'est avec qui ?
SEBASTIAN BLOMBERG > David Jähn +  WOTAN WILKE MÖHRING > Timo Friedrich + ULRICH THOMSEN > Peer Sommer + KATRIN SASS  > Elena Lange + BURGHART KLAUSSNER > Krischan   + CLAUDIA MIKKELSEN > Julia Friedrich + ROELAND WIESNEKER et  KAROLINE EICHHORN > Les parents de Sinikka Weghamm

 

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Et ça donne quoi ? 3

Second long-métrage d'un jeune cinéaste suisse-allemand, Il était une fois un meurtre est une petite révélation qui a remporté, ex-aequo avec l'excellentissime Bullhead de Mickaël R. Roskam, le Prix du Jury lors du très réputé Festival du film policier de Beaune en 2011. Ce drame fiévreux comme une chaude journée d'été aborde de façon frontale le thème de la pédophilie sans ménager personne, mais surtout sans se poser en objecteur de conscience, en prêcheur de la bonne parole, et son traitement glacial souligne le fort contraste, la puissante dualité, qui imprègnent toute la pellicule. Le scénario, riche et alambiqué, multiplie les points de vue autour du même crime abjecte qui a scellé à jamais une bien étrange amitié, sans jamais prendre parti, et la mise en scène, léchée et contemplative, révèle un véritable auteur en la personne de Baran bo Odar. Certes, ce-dernier veut peut-être trop en faire parfois et a la main lourde dans certains dosages, mais ce thriller âpre aux teintes de mélodrame existentiel ne ménage jamais le spectateur. Il traite, avec tension et style, de la culpabilité, de la perte de l'innocence, du silence que l'on s'efforce de créer autour de sa face cachée, et n'est pas sans rappeler le très bon Zodiac de David Fincher. Comme référence dans le genre, il y a pire.  

Il était une fois un meurtre nous conte l'histoire d'un silence, silence autour d'une vérité indicible. Effectivement, comment parler de ce que l'on a vu lorsque l'on a été témoin d'un meurtre odieux que l'on a librement laissé se dérouler ? Comment raconter ce que l'on a vécu lorsque l'on a été spectateur à la fois horrifié et fasciné par ce qu'il nous a été donné de voir ? C'est dans ce mutisme on ne peut plus malsain que se mure Timo, mari et père de famille en apparence respectable, depuis plus de 20 ans. Mais vous pouvez courir aussi vite et aussi loin que vous voulez, les vieux démons du passé finissent toujours par vous rattraper, et ce sont toujours eux qui franchissent la ligne d'arrivée les premiers. On ne gagne jamais (à moins d'être un franc-maçon) son sprint face à la vérité. Et Timo va l'apprendre à ses dépends, au cours d'une vertigineuse plongée qui gorgera ses poumons d'eau jusqu'à l'asphyxie. Jadis complice d'un meurtre commis par son meilleur ami avec qui il partageait une passion des plus lugubres, acte qui a laissé en lui autant de dégoût que d'excitation, l'homme avait réussi à s'éloigner de tout ça, à tourner la page pour commencer l'écriture d'une nouvelle histoire. Mais la découverte d'un second corps, au même endroit et dans les mêmes circonstances que celui de sa jeunesse, va violemment entacher ces feuilles vierges de grandes ratures, réveillant le spectre qui sommeille au plus profond de son âme dérangée et qui n'attend que de lui plonger la tête sous l'eau.


"Vous pouvez courir aussi vite et aussi loin que vous voulez, les vieux démons du passé finissent toujours par vous rattraper. Ce sont toujours eux qui franchissent la ligne d'arrivée les premiers."

 

C'est à partir de ce postulat que Odar fait germer son récit, mais, en plus de ce gendre idéal rongé par la culpabilité et ses propres tares, il nous le narre en alternance depuis d'autres perspectives : la mère de la première victime n'arrivant pas à faire son deuil, l'homme qui avait enquêté à l'époque sans jamais parvenir à faire la lumière sur cette sombre tragédie, les parents de la nouvelle disparue paralysés par l'attente de la vérité sur ce qui a bien pu arriver à leur progéniture, et l'inspecteur meurtri et quelque peu fragile chargé d'enquêter aujourd'hui. Le réalisateur entrechoque tous ces destins qui n'auraient jamais du se croiser avec une telle force qu'ils s'en retrouvent brisés. Cette succession de points de vue instaure le mécanisme assez complexe du film, s'amuse ainsi à jouer avec nos nerfs, et à nous perdre comme au beau milieu d'un gigantesque champ de blé sous un cagnard irrespirable. Le climat est lui sans cesse propice au malaise, au mystérieux, à l'énigmatique. Odar capte ses images avec une volonté artistique radicale où larges plans aériens, séquences fixes, et lents travellings sont accouplés à des scènes au montage plus nerveux, plus frénétique. Sous une lumière aveuglante, il dirige une action des plus noires. Dénué de tout manichéisme, son film aborde la pédophilie sans pour autant la diaboliser gratuitement, ce qui impose un aspect pour le moins éprouvant à son résultat. Oui, les deux "monstres" qu'il filme restent avant-tout des hommes, parfois touchants même. Et dans ces rôles pas évidents, Wotan Wilke Möhring (le dénommé Timo) et l'acteur danois Ulrich Thomsen (révélé par le génial Festen de Vinterberg qui abordait déjà le sujet pédophile) sont brillants, et d'une grande justesse. Dans un pays de cinéma qui a donné ses lettres de noblesse à l'expressionnisme sur grand écran au début des années 20, nous avons affaire ici à une esthétique plus minimaliste, plus épurée, mais qui ne s'interdit pourtant pas un recours à une vive émotion et à de véritables effets de style.

 

"Le réalisateur entrechoque des destins qui n'auraient jamais du se croiser avec une telle force qu'ils s'en retrouvent brisés. Cette succession de points de vue s'amuse ainsi à jouer avec nos nerfs, et à nous perdre comme au beau milieu d'un gigantesque champ de blé sous un cagnard irrespirable."

 

Paradoxalement, on peut néanmoins déplorer un léger manque de subtilité par instant, quelques petites lourdeurs de-ci de-là. Quant à l'intrigue, extrêmement éparse, elle est quelque peu brouillonne, chose certainement due à un petit manque de maîtrise, voire à la volonté d'imposer coûte que coûte une véritable politique auteurale de la part d'Odar. Et à trop vouloir jouer la carte de la psychologie appuyée pour affirmer les personnages, le scénario provoque inconsciemment l'effet contraire en ne définissant pas assez certains membres du casting , à l'image de cet enquêteur à la limite de la folie campé par Sebastian Blomberg, pas du tout convaicant et sans charisme aucun. Il était une fois un meurtre nous laisse donc avec un petit goût d'inachevé, mais cette exhalaison est vite gommée par la délicieuse saveur de souffre que distille au compte-goutte cet exercice aussi brûlant que troublant. Il était une fois un film sentant bon le cinéma de genre, qui gagne à ne pas rester sous silence.

 

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Quelques trucs à savoir sur le film pour se la péter en société

+ Il était une fois un meurtre est le second film réalisé par Baran bo Odar après Sous le soleil (à ne pas confondre avec la sérié guimauve de TF1 !) en 2006, mais qui n'avait rencontré que très peu de succès auprès du public malgré d'assez bonnes critiques. Ce natif de la petite ville d'Olten en Suisse, qui va fêter ses 35 ans au mois d'avril prochain, a débuté par des études de peinture avant de s'orienter vers une école de cinéma en Allemagne où il vit depuis. Il a déclaré être très influencé dans sa mise en scène par le cinéma américain des années 70-80, le Nouvel Hollywood, et le travail de réalisateurs comme Michael Cimino (Voyage au bout de l'enfer ), Terrence Malick (La ballade sauvage), Ridley Scott (Blade Runner) et Michael Mann (Le solitaire), mais également par les nouveaux cinéastes sud-coréens comme Park Chan-wook (Old boy) , Kim Jee-woon (J'ai rencontré le Diable), et Na Hong-jin (The chaser). Outre les films, Odar dit aussi avoir été fortement marqué par la lecture de Crimes et châtiments de Dostoïevski : "Cette lecture m’a fasciné. J’ai pris conscience que le mal est présent en chacun de nous. Cette idée m’a bouleversé et ne m’a jamais quitté depuis. J’aime les histoires qui dérapent, les histoires d’hommes qui succombent à leur côté sombre. A mon avis, le bien et le mal n’existent pas. Les monstres n’existent pas, seulement des hommes capables d’actes monstrueux." On ressent d'ailleurs vivement cela dans le présent long-métrage.

 

+ C'est le roman Le silence (Das schweigen) de l'écrivain allemand Jan Costin Wagner, paru en 2009, qui a inspiré l'écriture du scénario. Wagner est connu pour écrire des livres policiers qui ont la particularité de toujours se dérouler en Finlande, le pays d'origine de son épouse où il réside une bonne partie de l'année. Si Baran bo Odar s'est chargé de la rédaction du script pour l'adaptation cinématographique, il l'a néanmoins fait en très étroite collaboration avec l'auteur.

 

+ Le titre original du film, Das letzte schweigen, signifie littéralement "le dernier silence".

 

+ L'interprète de Peer Sommer, le tueur et ami de Timo, est Ulrich Thomsen, un acteur danois très renommé dans son pays natal depuis les succès du Veilleur de nuit d'Ole Bornedahl, de Brothers de Susanne Bier, mais surtout de Festen, Prix du Jury à Cannes en 98, films dans lesquels il tenait à chaque fois des rôles principaux. Depuis, il est même apparu à plusieurs reprises sur les écrans hollywoodiens, notamment dans un James Bond (Le monde ne suffit pas), mais aussi aux côtés de Sean Penn dans Le poids de l'eau, de Clive Owen et Naomi Watts dans L'enquête, de Nicolas Cage dans la super-production Le dernier des templiers, ou encore dans le récent remake du The thing de Carpenter.

 

+ Si Ulrich Thomsen a donc pas mal fait parler de lui hors de ses frontières, la plupart des autres acteurs ne sont pas forcément connus outre-Rhin, mais jouissent d'une certaine notoriété chez eux. Ainsi, Katrin Sass (la mère de la première victime) a incarné le premier rôle féminin d'un des plus gros succès du cinéma allemand des années 2000, Good bye Lenin ! , et a été récompensé par un Ours d'Argent à la Berlinale de 1982 pour son interprétation dans Caution pour un an. Burghart Klaussner, qui prête ici ses traits à l'inspecteur retraité, était également présent au casting de Good bye Lenin !, et on a pu le voir, entre autres, dans Le ruban blanc de l'autrichien Michael Haneke, Palme d'Or à Cannes en 2009. Quand à Wotan Wilke Möhring, il a tenu des seconds rôles dans l'anxiogène et réussi L'expérience d'Oliver Hirschbiegel, et dans Soul Kitchen, une comédie dramatique récompensée à la 66ème Mostra de Venise et triomphe au box-office allemand de 2009.

 

+ Sorti en Allemagne en juillet 2010, Il était une fois un meurtre n'est arrivé dans les salles françaises que fin avril de l'année suivante, en grande partie grâce à l'accueil positif reçu lors de sa diffusion au Festival du film policier de Beaune (qui se déroule auparavant à Cognac), où il a reçu le Prix du Jury. Aux Etats-Unis, le film vient seulement de sortir en ce début mars 2013, sous le titre The silence, et près de trois ans après sa parution allemande.

 

+ Remarqué par Hollywood, qui aime recruter des réalisateurs européens depuis toujours, Baran bo Odar est actuellement en pleine préparation de son premier film américain. Il s'agira d'un thriller haletant nommé The hunt (La chasse), mettant en scène un kidnapping qui vire à la course-poursuite dans les rues de Chicago. Ni le casting, ni une date de sortie, n'ont pour l'instant filtré.

 

+ Ce film a été tourné pour un budget de 2 millions d'euros, et les prises de vues se sont déroulées principalement dans les alentours de Nuremberg en Bavière, et à Erfurt, chef-lieu de la région de la Thuringe.

 

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Par JeanVacances
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Jeudi 28 février 2013 4 28 /02 /Fév /2013 03:00

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Un film de Juan Carlos MEDINA

Fantastique/Epouvante + Espagne  + Couleur + 1h42 

Sortie française le 10 octobre 2012

Scénario de Juan Carlos Medina et Luis Berdejo

Produit par Miguel Angel Faura, François Cognard et Antoine Simkine

INTERDIT AUX MOINS DE 16 ANS


De quoi ça parle ?

Brillant médecin, David Martel est victime d'un grave accident de la route au cours duquel sa compagne, enceinte, perd la vie. Si le bébé est sauvé in-extremis, les examens effectués sur David révèle que celui-ci est atteint d'un cancer et que seule une greffe de moelle épinière pourrait le sauver. Il part alors à la recherche d'un donneur compatible, et se retrouve vite confronté dans sa quête à une douloureuse histoire du passé où, à l'aube de la guerre d'Espagne, des enfants, atteints d'un mal mystérieux qui les rendait insensibles à la douleur, se sont vus enfermés dans un établissement médical perdu dans les montagnes...

 

C'est avec qui ?
ALEX BRENDEMUHL > David Martel + TOMAS LEMARQUIS > Berkano + JUAN DIEGO > Adan Martel + DEREK DE LINT  > Professeur Holzmann + BEA SEGURA > Magdalena   + FELIX GOMEZ > Adan (jeune) + RAMON FONTSERE > Docteur Carcedo + ILIAS et MOT STOTHART > Benigno

 

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Et ça donne quoi ? 3

Certains contrées ont leurs spécialités, leurs domaines de prédilection dirons-nous. Si en Suède on excelle pour la fabrication de meubles en kit, si en Allemagne on brille dans le secteur de l'automobile, si en France on s'illustre dans le concoctage de mets raffinés, en Espagne on se distingue depuis quelques années maintenant dans la création de films fantastiques classes et efficaces. C'est comme ça, ça ne s'explique pas, c'est dans la culture. Insensibles est de cette lignée-là, et traite justement de la filiation du mal, des stigmates de la douleur d'hier encore présents sur notre peau tendre aujourd'hui. Oeuvre horrifique qui se sert habilement du film historique comme toile de fond, le tout premier long-métrage de Juan Carlos Medina nous conte la quête d'un homme meurtri qui, pour s'offrir un avenir, doit fouiller dans les décombres du passé et réveiller des fantômes que beaucoup auraient aimé voir enterrés à tout jamais. Doté d'un scénario fignolé jouant sur deux partitions sans lien apparent, dans deux espaces-temps différents, Insensibles a les défauts de ses qualités : même si il est parfois un peu confus et maladroit, ce conte fantastico-gore aussi sombre qu'il est poétique se veut très ambitieux. Plus le film avance, plus l'opaque voile entourant cette histoire mystérieuse se lève lentement. Ainsi, Medina réussit le pari de nous séduire avec une certaine intelligence, par le biais d'une mise en scène stylisée, envoûtante et oppressante. Les amateurs de frissons et de nouveau cinéma fantastique espagnol peuvent y aller sans crainte, ils n'y resteront pas insensibles.

Nos voisins ibériques savent sonder les peurs enfantines comme personne. Je parlais de savoir-faire national tout à l'heure, on est en plein-dedans : lorsqu'ils s'attaquent à l'étrange et l'inquiétant sur grand écran, exercice dans lequel ils brillent, les sujets du roi Juan Carlos aiment mettre des chérubins en première ligne. De L'orphelinat de Juan Antonio Bayona, aux Autres d'Alejandro Amenabar, en passant par Fragile de Jaume Balaguero, l'enfance sert de parabole aux fantômes, aux peurs, aux blessures, aux secrets inavouables et aux malédictions tortueuses. Alors que de notre côté des Pyrénées on galère parfois pour atteindre des sommets dans le film de genre, sur le versant espagnol la pente menant à des pellicules de ce calibre-là est plus douce. Avec toujours beaucoup de lyrisme et un jeu sur l'expression des sentiments comme ici, ces-derniers aiment à nous narrer d'occultes récits sonnant comme de vieilles légendes urbaines, des fables fantastiques où la poésie se mêle à l'effrayant. Dans ce pays ancré dans la religion, l'ésotérisme et l'incroyable ne sont jamais loin. Dans ce pays marqué par l'Histoire, les cicatrices du franquisme et du fascisme sont encore sensibles. Cela s'était déjà ressenti dans le cinéma de Guillermo del Toro notamment (L'échine du Diable, Le labyrinthe de Pan), et cela se ressent aussi dans celui du nouveau-venu Juan Carlos Medina. Il s'en sert d'ailleurs plutôt admirablement pour peindre les desseins de ses personnages.

 

"Le cinéma espagnol aime à nous narrer d'occultes récits sonnant comme de vieilles légendes urbaines, des fables fantastiques où la poésie se mêle à l'effrayant."

 

Ainsi, Insensibles navigue entre plusieurs genres (le drame, le thriller, le film d'horreur, le genre historique) et entre plusieurs époques (de l'aube de la guerre civile espagnole à la chute de Franco, et le présent) sans jamais perdre son cap de vue, et c'est là l'un de ses principaux atouts. Avec ce genre de procédé, le réalisateur novice prend des risques, multiplie les allers-retours temporels et stylistiques et aurait tout aussi bien pu se noyer dans la masse, en faire trop, mais il réussit à nous maintenir sans cesse à flot, en alerte, nous captivant de bout en bout. On est happés par ces deux intrigues se déroulant parallèlement, celle d'un médecin pas verni par le sort (apprendre que l'on a un cancer suite à un accident qui coûte la vie à sa bien-aimée...) et obligé de faire la lumière sur ses racines pour se donner une chance de survie, et celle d'un jeune garçon né avec un mal inconnu et énigmatique le rendant insensible à la douleur, contraint lui de vivre reclus comme un forcené dans un hôpital délabré. Cette alternance de destins sans rapport entre eux au premier coup d'oeil, trouble, déroute, renforce le côté secret et ombrageux du film. Le seul lien que semble avoir ces deux protagonistes est qu'ils doivent tous deux percer les arcanes de leurs maux. Sauf que l'un lutte contre la douleur, et que le second l'ignore totalement. Et ne pas connaître la douleur, serait comme ne pas connaître ses limites, ce qui renvoie à ne pas se connaître soi-même. Autrement dit, une des plus grandes douleurs de l'Homme.


"On est happés par ces deux intrigues se déroulant parallèlement(…), cette alternance de destins sans rapport entre eux au premier coup d’œil, trouble, déroute, renforce le côté secret et ombrageux du film."

 

Avec un certain sens de la mise en scène, Medina instaure une ambiance à la fois belle et étouffante, sensible et violente, offrant des images brutales et sèches à la photographie d'un blanc clinique dans les moments du présent, et à l'éclairage désespérément noir lors des scènes historiques. Il utilise habilement le vieux folklore cinématographique de l'établissement médical hanté par la folie des hommes et la douleur des patients, ainsi que le mythe du démiurge se prenant pour Dieu en créant un monstre à son image. Il en profite aussi pour interroger la mémoire collective d'un pays portant sur son corps les scarifications d'un passé douloureux sans tomber dans le pathos ou la morale : le mal est-il une tare génétique que l'on porte en soi et que l'on transmet de génération en génération, comme la couleur de ses yeux ? On regrettera juste que les quelques effets spéciaux soient complètement ratés, et que ce film hybride et suffocant commence à s'essouffler une fois le générique de fin approchant (à l'image de cette espèce de bleuette entre la Bête et sa Belle, ou la scène finale qui évite le grotesque de justesse), car Medina n'était pas loin de transformer son coup d'essai en coup de maître. 

 

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Quelques trucs à savoir sur le film pour se la péter en société

+ Si il est espagnol, Juan Carlos Medina est pourtant né aux États-Unis, et à Miami plus exactement, en 1977, et à réalisé ses deux premiers courts-métrages en France ! En effet, ceux-ci, nommés Rage et Mauvais jour, sont de petites productions tricolores tournés dans la langue de Molière au début des années 2000. Avant de réaliser son premier long, le jeune cinéaste a pas mal galéré, se retrouvant même à être coiffeur sur des plateaux de tournage de telenova mexicaine ! 

 

+ Medina a commencé à écrire Insensibles dès 2003, mais il n'arrivait pas à finir son scénario, faute de trouver les virages à donner à son histoire pour qu'elle lui convienne. Après des années de tentatives infructueuses, il rencontre, lors d'un festival de cinéma, Luis Berdejo, co-scénariste de Rec, grand succès du cinéma d'horreur espagnol. Le courant passe bien entre les deux hommes qui se mettent vite à travailler ensemble en reprenant le scénario non-terminé d'Insensibles et réussissent à l'achever cette fois en seulement quelques mois.

 

+ Pour écrire son film, Medina a pris pour point de départ une maladie très rare mais qui existe réellement : l'insensibilité congénitale à la douleur. Cas médical exceptionnel et génétique, cette étrange maladie est en partie due à une trop grosse production d'endorphines par le cerveau, ce qui fait que la douleur est atténuée, voire annulée, chez certains patients, alors que les autres sensations tactiles du corps sont elles bien opérationnelles.

 

+ Si le réalisateur du présent film a travaillé en France, Tomas Lemarquis, l'acteur islandais jouant le rôle de Berkano (Begnino à l'âge adulte), est lui d'origine française par son père. Totalement bilingue, il a même vécu un temps à Paris pour suivre le Cours Florent, et s'est d'ailleurs retrouvé dans la promotion d'une certaine Audrey Tautou. Ce natif d'une toute petite ville proche de Reykjavik, qui est également artiste (il touche notamment au dessin et à la sculpture, et a co-réalisé un documentaire), a la particularité d'être atteint d'alopécie, une maladie qui accélère vertigineusement la chute des cheveux et des poils.

 

+ Tomas Lemarquis a du passer de très nombreuses heures par la case maquillage lors du tournage, et il l'a payé de sa personne, c'est le moins que l'on puisse dire. En premier lieu, il a eu une allergie aux fausses scarifications qu'il a du se faire poser sur quasiment tout le corps, ce qui lui a laissé des marques durant plusieurs jours. Et, pour les besoins de la scène finale, Lemarquis est resté six heures aux maquillages, il a même du dormir une nuit avec afin d'éviter d'avoir tout à refaire pour les prises du lendemain.

 

+ Insensibles a été projeté pour la première fois au public lors de l'important festival international du film de Toronto 2012. En France, il a notamment été présenté à l'Etrange Festival, une cérémonie dédiée au film de genre où des oeuvres comme Buried et Bullhead ont été remarquées, et a remporté le Méliès d'Argent au festival international du film fantastique de Strasbourg.  

 

+ Le film a été tourné avec une toute nouvelle génération de caméra numérique dite révolutionnaire, récemment utilisée par des réalisateurs renommés comme Lars von Trier pour Melancholia ou Nicolas Winding Refn pour Drive, les Arri Alexa.

 

+ Le tournage s'est étalé sur un mois et demi et s'est en partie déroulé dans un ancien hopital construit précisément sous le régime de Francisco Franco, l'époque-même où se joue les moments du passé dans le film. Le budget aloué pour cette production était de 4 millions d'euros.

 

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Par JeanVacances
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Lundi 21 janvier 2013 1 21 /01 /Jan /2013 23:00

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Un film de William FRIEDKIN

Thriller + Etats-Unis  + Couleur + 1h43 

Sortie française le 5 septembre 2012

Scénario de Tracy Letts (D'après sa propre pièce de théâtre)

Produit par Scott Einbeinder, Nicolas Chartier et Patrick Newall

INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS

 

De quoi ça parle ?

Dallas, au Texas. Chris, minable petit dealer de son état, s'est endetté auprès d'un mafieux local. Pour sortir la tête de ses embrouilles, il ne voit pas d'autres moyens que monter un plan aussi macabre que machiavélique : faire assassiner sa propre mère qui vient de souscrire à une assurance-vie dont l'unique bénéficiaire est sa petite soeur Dottie, et empocher le magot par le biais de celle-ci. Avec le renfort de son raté de père Ansel et de la nouvelle épouse de celui-ci, Sharla, Chris engage un inspecteur de police qui a la très étrange particularité d'être également un redoutable tueur à gages, Joe Cooper. Pour le jeune homme, c'est le début d'une violente machination où la poisse va dicter sa loi...

 

C'est avec qui ?
MATTHEW McCONAUGHEY > "Killer" Joe Cooper + EMILE HIRSCH > Chris + JUNO TEMPLE > Dottie + THOMAS HADEN CHURCH  > Ansel  + GINA GERSHON > Sharla + MARC MACAULEY > Digger Soames

 

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Les polars ultra-violents aux rebondissements alambiqués et aux dialogues ciselés ne sont pas uniquement réservés aux jeunes cinéastes geeks et branchés. William Friedkin, bientôt 80 bougies sur le gateau, en atteste. En adaptant ici la très sombre pièce de théâtre du dramaturge Tracy Letts, l'homme a la cheminée décorée d'un Oscar et d'un Golden Globe du meilleur réalisateur fait passer Quentin Tarantino et les frères Coen pour une troupe de danseuses en tutu. Killer Joe c'est un électrochoc qui sent la poudre à plein nez et met mal à l'aise, une plongée en apnée entre fascination et répulsion dans l'Amérique de Rednecks au quotidien rythmé par la poisse et les coups tordus. Ces gueules directement sorties de TV shows racoleurs sont sublimées par leurs brillants interprètes dont les numéros sont les grandes forces du film, d'un Matthew McConaughey (très) loin de ses rôles pour adolescentes, à la renversante révélation Juno Temple. Jouant sans cesse avec la très épineuse limite de la farce grinçante, le réalisateur de French Connection signe là une série B haletante et oppressante, diabolique et amorale, qui ne laissera personne indifférent, aussi bien ses détracteurs que ses adorateurs. Et ils seront nombreux dans les deux camps. Avec ce pur petit bijou de thriller noir, crasse rime avec classe.
Une nuit d'orage, la pluie s'abat sur le sol jusqu'à le gorger d'eau. Un chat noir passe par là tandis qu'un jeune homme en apparence complètement paumé tambourine comme un sourd à la porte d'un mobil-home. C'est dans ce décor idyllique que Friedkin a choisi de planter sa caméra : l'Amérique des White Trash, avec son trailer park, son bar à putes, et ses péquenauds accrocs à la bière et pendus à leur télé, pas loin de faire passer ceux de Strip-tease et Confessions Intimes pour des premiers de la classe. Donc ce paumé qui surgit là c'est Chris, véritable aimant à embrouilles idéalement campé par le jeune mais non-moins talentueux Emile Hirsch (Into the Wild, Harvey Milk, Alpha Dog). Chez lui, avoir des problèmes est comme un sixième sens, un don de la nature : il est doué pour ça le petiot (faut bien être bon à quelque chose dans la vie me direz-vous...). Alors, quand Chris a une grosse emmerde, il ne trouve rien de mieux à faire que d'essayer de la réparer avec une emmerde encore plus grosse. Comme, au hasard, projeter de tuer sa crapule de mère avec qui il est en conflit pour toucher l'assurance-vie afin de rembourser son dealer de l'ardoise conséquente qu'il lui a laissé. Et, au passage, embarquer sa gentille petite soeur dans ce véritable jeu de massacre. Vous aurez remarqué que le jeune homme a de la suite dans les idées. Sauf que pour faire le sale boulot, il engage Joe, un flic fêlé aux moeurs pour le moins étranges, qui arrondit ses fins de mois en zigouillant, façon hyper-pro, les gens qui vous dérangent contre rémunération. Sous le chapeau de cow-boy de ce psychopathe texan, percent les yeux clairs d'un excellent Matthew McConaughey. Des yeux qui font mal. Le problème avec Joe, c'est qu'on passe un contrat avec lui comme on pactise avec le Malin. Pragmatique et charismatique, il parle comme on murmure, et raconte les histoires comme personne, on y mettant détails et suspense. L'acteur d'ordinaire habitué aux guimauves (Hanté par ses ex, Comment se faire larguer en 10 leçons, Playboy à saisir, rien qu'avec les titres on a déjà compris toute l'ambition de ces films...) fait donc un sérieux pied-de-nez à son plan de route et trouve sans aucun doute ici son rôle le plus ambigu et le plus risqué (et par conséquent le meilleur) avec cet ange exterminateur venu annoncer l'Armageddon à la famille méchamment dysfonctionnelle qui l'emploie. Et sous les traits de l'adolescente un brin fofolle de la famille en question, Juno Temple n'est pas loin de voler la vedette à ses compagnons de jeu. Bien malgré elle, cette lolita bien plus mature qu'il n'y parait se retrouve mêlée à une histoire des plus sordides, mais au moins ça met plus de piment dans son quotidien tristounet que les films de kung-fu. Le quintet d'acteurs principaux, jouant une galerie de personnages savoureux et plein de relief, est une des munitions les plus explosives présentes dans le barillet du film (une petite dédicace au passage à Gina Gershon qui n'hésite pas à beaucoup donner de sa personne dans une des scènes les plus marquantes). Avec cette belle bande de pieds nickelés aux motivations glauques, à l'intelligence limitée, et à la poisse sans égal, même les plans les plus rodés se transforment de toute façon en pétards mouillés.


" Le quintet d'acteurs principal est une des munitions les plus explosives présentes dans le barillet du film. Avec cette belle bande de pieds nickelés aux motivations glauques, même les plans les plus rodés se transforment de toute façon en pétards mouillés." 


Il ne serait pas exagéré d'affirmer que William Friedkin est un cinéaste aimant les extrêmes. Avec Killer Joe, il est une nouvelle fois aisé d'avancer ce genre de qualificatif tant il se montre toujours, malgré les années qui sont passées, maître dans l'art de la provoc', tant il se montre toujours, malgré les trous noirs rencontrés, sans concession lorsqu'il sonde les plus sombres tréfonds des âmes perverses de ses personnages. Que ce soit l'horrifique Exorciste avec Max von Sydow, Ellen Burnstyn et Linda Blair en 1973, le poisseux La Chasse avec Al Pacino en 1980, le violent Police fédérale, Los Angeles avec Willem Dafoe en 1985, ou le paranoïaque Bug avec Michael Shannon en 2006, sa filmographie est jalonnée d'oeuvres ayant suscitées d'outrageuses réactions et de vives controverses. Et Killer Joe s'ajoute donc d'emblée à cette longue (et exhaustive) liste de films dérangeants, ces films à ne pas mettre entre toutes les mains tant leur contenu peut bouleverser les moins avertis. Il est comme ça Friedkin, même avec l'âge il ne se calme pas. Ici, on ne va pas critiquer cela tant on aime ce genre de réalisateurs qui s'obstinent, malgré les périodes de vaches maigres et d'échecs commerciaux, à inverser les valeurs morales, à choquer gratuitement la bienséance, à aller jusqu'au bout de leurs idées, même les plus folles, même les plus outrancières. Surtout quand c'est fait avec fougue et talent comme on le voit là. Car même si Killer Joe se montre parfois trop complaisant dans sa façon d'aborder la violence, trop voyeur dans sa façon de la mettre en scène, et c'est ce qui est dégoutera littéralement certains, il est un hommage aussi vibrant que brutal à la plus pure tradition de polars à forte odeur de souffre, où de magnifiques losers se retrouvent, par la seule faute de leur cupidité, de leur traitrise, et de leur bêtise, pris dans l'engrenage d'une machination inouie qui se retourne contre eux et les broie comme des os de poulet.

 

" En plus de continuer à en faire baver à ses personnages qu'il aime maltraiter, Friedkin n'a pas perdu sa grande notion de la réalisation, et dirige son film avec sobriété et soin dans ses cadres."


L'ex-enfant terrible du Nouvel Hollywood n'est désormais plus un enfant mais est toujours aussi terrible. Loin de s'assagir comment moults de ses pairs le font en approchant de la retraite, il a conservé cette propension (qui a fait sa réputation) à mettre en scène des moments chocs et troublants, et à les filmer de façon très frontale. Tout le monde se souvient des séquences de sa satanique et cultissime oeuvre nominée à l'Oscar du meilleur film en 74 où une enfant, ma foi fort sympathique, confondait crucifix et sex-toy, douces prières et pires insanités. Ici, l'objet de culte chrétien a été remplacé par un pilon de poulet frit, et l'esprit de Pazuzu semble avoir quitter Linda Blair pour Matthew McConaughey, lors d'une scéne qui marquera sans doute elle aussi les esprits, à en traumatiser les amateurs de KFC. En plus de continuer à en faire baver à ses personnages qu'il aime maltraiter, Friedkin n'a pas perdu sa grande notion de la réalisation, et dirige son film avec sobriété et soin dans ses cadres. En témoigne l'utilisation d'une grande profondeur de champ donnant l'impression que les paysages désertiques de ces coins paumés du Texas nous engloutissent, et une photographie clinique soulignant la dualité entre les clairs et les obscurs, rappellant au passage La nuit du chasseur de Laughton et son affrontement estéhtique entre le Bien et le Mal, avec cette prédominance d'un bleu dans l'éclairage aussi glacé que le regard du Diable au chapeau. Dans la lignée du Fargo des frères Coen ou de Red Rock West avec Nicolas Cage et Dennis Hopper, Killer Joe narre, non sans humour noir mais surtout sans rien s'interdire, les sanglantes aventures du bon plouc ricain aux prises avec un banditisme trop grand pour lui, dans un polar malsain et terriblement nihiliste, solidement scénarisé et d'une liberté follement jouissive. Le mauvais goût n'a jamais semblé aussi bon.

 

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Quelques trucs à savoir sur le film pour se la péter en société

+ Petite bio express du réalisateur pour ouvrir vos anecdotes habituelles (spéciale dédicace à tous ceux qui sautent la lecture de la critique pour en arriver directement là afin de draguer grâce à moi en soirée) : celui-ci est né à la toute fin du mois d'août 1935 à Chicago, et fait ses classes dans la section cinéma de l'université locale. Il débute ensuite à la télévision, où il réalise notamment un documentaire en 1965, The people vs. Paul Crump, qui met en lumière les défaillances de la police dans une enquête criminelle qui a conduit un certain Paul Crump a être condamné à mort. Suite aux nouveaux éléments apportés par le reportage, la justice réouvre le dossier Crump, et la peine de ce-dernier est finalement commuée en prison à vie. Deux ans plus tard, William Friedkin s'attaque au cinéma avec une comédie musicale sans grand intérêt mettant en scène Sony and Cher, Good times, ou encore un des rares films du moment à aborder le thème de l'homosexualité, Les garçons de ma bande. C'est surtout en 1971 qu'il lance véritablement sa carrière avec le succès commercial et critique de French connection, film policier qui rafle cinq Oscar (dont meilleur film, meilleur scénario adapté, et meilleur réalisateur), et il fait encore parler de lui en 73 avec la sortie du très controversé L'exorciste, un des films d'horreur les plus rentables de l'Histoire du cinéma, huit fois nominé aux Oscar et vainqueur de quatre Golden Globes (dont meilleur scénario adapté et meilleur réalisateur). La suite de la carrière de Friedkin sera plus mitigée, avec quelques réussites (La chasse, Police fédérale Los Angeles), de gros échecs (Le convoi de la peur en 1977, remake du Salaire de la peur de Clouzot, ou La nurse en 1990), et des films de commandes impersonnels (Blue Chips, film sur le basket avec de vraies stars de la NBA au générique comme Penny Hardaway et Shaquille O'Neal, ou L'enfer du devoir avec Tommy Lee Jones et Samuel L. Jackson). Dans les années 90, il délaisse un temps le cinéma et s'oriente vers une autre de ses passions, à savoir l'opéra, et met en scène des oeuvres de Verdi, Strauss ou St-Saens. Figure de proue du Nouvel Hollywood (mouvement de renouvellement du cinéma américain apparu fin 60 - début 70, et dont font partie Scorcese, De Palma, Peckinpah, Altman ou Coppola), Friedkin retrouve un succès qui le fuyait dans les années 2000, avec le film d'action Traqué, mais surtout avec le complètement halluciné Bug, tous deux salués par les critiques et le public. Killer Joe est le 19ème long-métrage en 45 ans de carrière de ce réalisateur qui est souvent décrit comme difficile sur un tournage et très exigeant envers l'implication de ses acteurs.

 

+ Il s'agit là de l'adaptation d'une pièce de théâtre écrite en 1991 par Tracy Letts, qui a lui-même signé le scénario pour la transposition sur grand écran. Le tandem Friedkin - Letts n'en est pas à son coup d'essai, puisque les deux hommes ont déjà collaboré pour le précédent film du réalisateur, Bug, qui était lui aussi à l'origine une pièce du dramaturge natif de l'Oklahoma dont il avait rédigé le script pour l'adaptation cinématographique.

 

+ Tracy Letts s'est d'ailleurs montré très impliqué dans la réalisation du film. Il a reçu personnellement tous les acteurs et membres de l'équipe de production afin de leur exposer précisement sa vision des faits, de l'histoire et des personnages. Avec l'accord du réalisateur, il envoyait aussi de temps à autre des mémos détaillés lors du tournage.

 

+ Trouver l'interprète de Dottie n'a pas été chose aisée. En effet, il fallait arriver à dénicher une actrice majeure possédant un physique enfantin, car le personnage est censé avoir environ 12 ans mais doit se livrer à des scènes un peu "chaudes", et donc interdites à une mineure. Des centaines de jeunes comédiennes ont ainsi été auditionnées, sans résultat, jusqu'à ce Friedkin tombe sur Juno Temple. Née en Angleterre en 1989, fille d'un réalisateur de clips assez côté Outre-Manche (Julian Temple, qui a bossé pour Depeche Mode, David Bowie, Scissors Sisters, ou les Rolling Stones), celle-ci, en plus de faire bien plus jeune que son âge, possède un bon CV qui lui a permis de cotoyer Jaco Van Dormael (Mr. Nobody avec Jared Leto), Ben Stiller (Greenberg), Gregg Araki (Kaboom) et Christopher Nolan (The dark knight rises avec Christian Bale, Gary Oldman et Marion Cotillard), même si elle n'avait encore jamais obtenu de rôle principal jusqu'ici.

 

+ Certains réalisateurs, comme Kubrick ou Fincher par exemple, sont réputés pour l'extrême précision confinant à l'obsession de leurs prises de vues, quitte à faire 60 fois la même pour obtenir satisfaction. Pour Friedkin, c'est tout l'inverse. L'auteur de L'exorciste et French Connection a une règle bien précise sur ces tournages : "deux prises, pas plus !". Via ce procédé, il demande à ses acteurs énormément d'implication, d'être concentrés à fond, et cherche à obtenir une grosse intensité et une certaine authenticité dans son résultat, avec fraicheur et spontanéité. Pour Nicolas Chartier, un des producteurs du film "William sait exactement ce qu'il veut, et surtout comment l'obtenir. Le plus incroyable sur son plateau, c'est la caméra qu'il arrive à rendre invisible, et l'atmosphère qu'il parvient à créer, pour que les acteurs donnent le meilleur d'eux-mêmes."

 

+ Par souci de réalisme, les acteurs ont tous du apprendre à parler avec l'accent du Texas, l'action du film se déroulant dans une banlieue de Dallas. Tous, sauf McConaughey, originaire du coin, et plus précisement du comté de Uvalde, une petite ville qui ressemble beaucoup à l'endroit où est censé se tramer l'histoire selon ses dires.

 

+ Friedkin a ici retrouvé quelques-uns de ses compagnons de travail, comme le monteur Darrin Navarro (déjà monteur sur L'exorciste et Bug) ou le directeur de la photographie Caleb Deschanel (Bug et Traqué). Deschanel a d'ailleurs également déjà officié pour des réalisateurs côtés comme John Cassavetes (Une femme sous influence), Hal Ashby (Bienvenue Mr. Chance) ou Mel Gibson (La Passion du Christ), et est également réalisateur pour la télévision (New York - Police judiciaire, Bones, mais surtout pour quelques épisodes de la série créée par David Lynch dans les années 90, Twin Peaks).

 

+ Killer Joe a couru les festivals les plus prestigieux. Il a, entre autres, été présenté en compétition officielle lors de la 68ème édition de la Mostra de Venise et lors du festival du film indépendant de Toronto 2011, et hors-compétition au festival du film américain de Deauville 2012 lors duquel William Friedkin a reçu un hommage pour l'ensemble de sa carrière.

 

+ Le budget du film est d'environ 10 millions de dollars, et le tournage s'est déroulé sur un mois, entre novembre et décembre 2010. Etrangement, si le scénario conte une histoire se passant à Dallas, les prises de vues ont eu lieux à... la Nouvelle-Orléans ! Ce choix a été décidé par les producteurs et le réalisateur en raison de l'ambiance particulière qui émane de la Louisiane à cette époque de l'année et qui les séduisait beaucoup.

 

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Par JeanVacances
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